CHANT NUPTIAL
Les portes d'or du sommeil s'ouvrent, où la Force et la Beauté, qui se sont rencontrées, allument leur image comme une étoile sur une mer transparente. 0 nuit, regarde en bas de toutes tes étoiles ! Ténèbres, pleurez votre plus sacrée rosée ! Jamais l'inconstante lune na souri sur un couple si parfait. Que les yeux ne voient pas leurs propre délices : hàte-toi, heure suave, et que ta fuit(; ailée souvent se renouvelle !
Fées, esprits, et anges, veillez sur elle ! Astres sacrés, ne permettez aucun mal ! Et leviens bientôt éveiller le dormeur, Aurore, avant qu'il soit longU-mps ! 0 joie ! 0 crainte ! que se; passera -t-il en l'absence du soleil?... Venez !
« Qui es-tu, Présomptueux, qui profanes la guirlande due seulement aux puissants poètes, alors même que lu t'évanouis comme une lune oubliée? Ne louche pas ces feuilles qui toujours ont poussé avec une destination sacrée pour le petit nombre d'éternels qui errent dans le paradis de la renommée ; tu fais partie de la foule qui n'a pas de nom. » — « Oh! ami, c'est le faux laurier que je porte. Quoiquil semble brillant,... il n'est pas le même que celui qui a ceint l'immortelle chevelure de Milton. Sa rosée est poison ; et les expériences qui s'éveillent à son ombre glacée, toutes belles qu'elles paraissent, sont des fleurs qui meurent presque avant d'être malades ; et si je marche ainsi orgueilleusement, c'est toute ma distinction. Si je tombe, je ne pleurerai pas, sorti du jour vital, demain poussière, et je ne subirai pas un morne déclin. »