A COLERIDGE
« Aây.puai oioiW 7:oTp.ov a7iOT;i.ov. »
EvKiPiDE, Hippolyte.
Oh ! il y a des esprits dans l'air, et des génies de la brise du soir, et de gracieux fantômes avec des yeux aussi beaux que les rayons des étoiles parmi les arbres au crépuscule ; pour rencontrer de ces charmants messagers, tu as souvent porté loin des hommes tes pieds solitaires.
Avec les vents de la montagne, et les sources babillardes, et les mers éclairées par la lune, qui sont les voix de ces choses inexplicables, tu conversais, et ne te sentais pas de joie, quand elles te répondaient; mais elles, comme un présent sans valeur, ont l'ejeté ton amour.
Alors tu as cherché dans des yeux étoih'S des rayons qui ne s'adressèrent jamais aux tiens, trésor réservé à un autre — sacrifice résigné à une foi ardente ! — Lan-
4 œUVRES POÉTIQUES DE SHELLEY
guis-tu toujours ? Espères-lu toujours que des mains empressées, une voix, des regards, des lèvres puissent répondre à ce que tu demandes ?
Ah ! pourquoi as-tu bâti ton espéi'ance sur la trompeuse inconstance delà terre? Ton propre esprit ne f offrait-il aucun objet d'amonr ou d'émouvantes pensées, pour que les scènes de la nature ou les sourires humains pussent te surprendre et l'enlacer de leurs artifices ?
Oui, ils ont fui, tous les infidèles sourires, dont la fausseté le laissa le cœur brise'' ; la gloires de la lune est morte ; les fantômes et les rêves de la nuit ont disparu ; ta proj)i'e âme t'est toujours lidèle, mais la misère l'a changée en un hideux démon !
Ce démon, spectre dont la prc'sence est pour jamais suspendue à ton côt('' comme ton ombre, ne rêve pas de le chasser ; cette folle tentative te livrerait à de plus cruelles angoisses. Hesie comme tu es ; (on sort est lixé ; si sombre qu'il soit, tout changement ne ferait que l'aggraver.