SCENE PREMIERE
l'n temple magiiilKHie, bâti de fémurs et de tètes de morts, et recouvert de seiilpes. Sur l'autel la statue de la Famine, voilée; un grand nombre de verrats, de truies et de marcassins à la mamelle, couronnés de chardons, de trèfle et de cliène, se tiennent sur les degrés et se pressent autour de l'autel. — Entre Swelll'ootdans le costume royal, sans apercevoirles pourceaux.
SWELLFOOT
0 toi, suprême Déilé ! dont le pouvoir divin revêt nos membres gracieux dune superbe parure d'or et de pourpre,
Il se conleniplo lui-même avec satisfaction.
et gonfle notre panse comme une voile au souffle d'une favorable brise ; toi, grâce à qui les promontoires sacrés de nos régions inférieures reposent satisfaits sur leurs lits de graisse, et nos joues béotiennes, comme une pyramide d'Egypte (leurs fondations ne coiUèrent pas moins de travaux), soutiennent le cône d'une cervelle qui n'est jamais troublée, un point, l'eiublème d'un rien sans point! Toi, à qui rois et empereurs laurés, bouchers de radicaux, fabricants de papier-monnaie, évêques et diacres, et l'armée entière de ces gras martyrs victimes de la persécution d'épaisse soupe à la tortue, et de diables (1) à leau-de-vie, otTrent leurs
(1) (irillades.
vœux secrets! Toi, plantureuse Cércs de leur Eleusis! Salut 1
LES COCHONS
Eigh ! Eigh î Eigh ! Eigli !
SAVELLFOOT
Ah ! qui êtes-vous, vous qui, couronnés de feuillages dévoués aux furies, vous pressez autour de cet autel sacré ?
LES COCHONS
Aigh ! Aigh ! Aigh !
SWELLFOOT
Eh quoi! N'êtes-vous pas les bêles réservées, ([ui offertes à son autel avec sang et géniisscnienls, gâteaux de sel, et graisse, et entrailles, rendez toujours propice sa volonté rebelh^ (piand les impôts sont refusés?
LES COCHONS
Ugh ! Ugh ! llgh !
SWELLFOOT
Eii quoi ! N'est-ce pas vous qui arrachez de vos gi-ouins impurs mes pommes de terre rouges dans la fondrière pleine de joncs d'Allen ? Vous qui mangez les avoines de ma cavalerie dans les Hébrides? (|ui avalez la soupe aux eaux grasses (|ue mes cuisiniers eom|)()seiit d'os, et de lamheaux de viandes et de cuirs de souliers, qui pourraient éti'c donnc'sà de plus pr()|)res cochons (jue vous?
PHEMU:U Dl-MI-CnoEUIl
Oui, les mêmes, In-las! les mêmes; (pioicpie nujuiir'd hui le nom seul tie cochon me reste.
CKDII'US TYRANNUS 107