DON JUAN, ISMAEL
ISMAEL
Quelle imprudence*, ô ciel ! ramène votre altesse!
DON JUAN
Je veux voir de mes yeux si tu tiens ta promesse.
ISMAEL, lui montrant une coupe.
Voyez donc, puisque ainsi vous doutez de ma foi,
DON JUAN
Le poison ?
ISMAEL
Ce poison aujourd'hui vous fait roi.
DON JUAN
Et la reine? ei) ces lieux crains- tu pas sa venue? .
ISMAEL
De ma présence ici la reine est prévenue.
Tranquille et sai^ soupçons dans son appartement. Elle attend sur son fils Teffet de ce calmant.
DON JUAN
MaisLéonor?
ISMAEL
N*est point à craindre davantage.
Elle-même à Tenfant donnera le breuvage;
Et lorsqu'il aura bu, veillant sur sod repos, De son lit devant moi fermera les rideaux.
Partez, j'ai tout prévu hormis votre prôsence. Partez, et lâiss^-moi remplir votre vengeance.
DON JUAN
Ainsi ton cœur est ferme à«ce dernier moment ?
ISMAfiU
Ferme comme le bras dont je suis l'instrument. SCÈNE IV
ISMAEL, seul.
Du crime çans trembler i*ai reçu le salaire...
Allons... Ciel! n'est-ce pas le portrait de sa mère?
C'est lui-même. D'efiroi tous mes sens sont saisis.
Môme absente, elle veille au salut de son flls.
Insensé que je suis ! Quoi, » devant son image
Perdrai-je lâchement la force et le courage ?
Et que ferais-je donc si fa reine à mes. yeux
Paraissait tout à coup ! La voici, justes cieux !
Je suis perdu!..,