LA SORTIE D'EGYPTE
Du milieu d'un peuple barbare
Lorsqulsrael sortit et que d'un prince avare
Il brisa les fers odieux,
Le Seigneur descendit des cieux,
Et leur ouvrit lui-môme une route assurée
Vers le sacré séjour de leurs premiers ayeux,
Heureuse et fertile contrée Qu'il avait résolu d'habiter avec eux.
La mer les vit venir et s'enfuit d'épouvante. Le Jourdain suspendit la course de ses eaux, Et les monts élevés et les humbles coteaux Bondirent sur le sein de la terre tremblante
Gomme le bélier et l'agneau.
Quel est ce spectacle nouveau?
Quel prodige ébranle la terre, Fait fuir la mer profonde, et ramène en arrière D'un fleuve impétueux les flots amoncelés ?
Montagnes et coteaux, d'où vient que vous tremblez?
Ah ! tandis qiie ton peuple passe, Seigneur, Dieu dlsrael, la terre a tu ta face ! Elle a vu le Dieu fort qui fait jaillir les eaux
Des flancs nus du rocher aride; Et sur le sable ardêut du désert homicide,
Courir de limpides ruisseaux!
Poursuis le cours de tes miracles!
Poursuis-les, Seigneur Dieu, non point pour nous; non, non!
Mais pour la gloire de ton nom, Pour Taccomplissement de tes sacrés oracles!
Si ton bras tout-puissant se retirait de nous. Et cessant de frapper de redoutables coups.
Laissait imparfait ton ouvrage ; Tous ces peuples impurs dont le culte t'outrage. Adorateurs du bois, du marbre, de Tairain, S'écrieraient dans leur joie insultante et sauvage : Où donc est-il ce Dieu dont le bras souveraiij
Les a tirés de l'esclavage?
Insensés! le dieu dlsrael.
Seul vrai Dieu, seul Seigneur de la terre et du ciel,*
Est au haut des cieux qu'il habite!
Et de là sur la terre exerçant son pouvoir.
Pouvoir suprême et sans limite.
Pour perdre et pour sauver il n'a qu'à le vouloir.
Ces simulacres d'or, d'argent, d'airain, de pierre. Ces œuvres de vos mains dont vous faites vos dieux, Quand vous les invoquez n'entendent point vos vœux; Vous leur insulteriez qu'ils seraient sans colère;