SCÈNE XI et dernière
DON JAIME, DON HENRI, DON PKDRE, DON JUAN, LA REINE, LÉONOR, TELLEZ, GARDES.
LA REINE
DonPèdre, don Henri, don Jaime, rangez-vous!
Laissez passer de Dieu la colère suprême.
Ce n'est point moi, c'est Dieu qui le punit lui-même. Voyez-vous ce cadavre?
DON HENRI
IsmaGl!
LA REINE, s'adressant à don Juan.
Est-ce toi Qui chargeas ce vil juif d'empoisonner ton roi?
» DON JUAN
C'est moi.
LA REINE
Vous entendez ! Ce crime est son ouvrage.
Empoisonneur !
'DON JAIME
ciel!
LA REINE
Est-ce toi dont la rage N'osant croiser le fer avec ces chevaliers A soudoyé contre eux de lâches meurtriers?
DON iUAN.
C'est moi-même, et si j'ai quelque regret au crime, C'est qu'il ne m'ait donné qu'une seule victime.
LA REINE.-
Détestable assassin... crois-tu que j'ai porté Assez loin envers toi la longanimité?
Que je t'ai pardonné plus que n'eût fait ton frère ? Le crois-tu?
DON JUAN
^e l'avoue, et j'attends mon salaire.
LA REINE
Dans la honte et le sang quelle effroyable paix ! Va, tu fus bien nommé don Juan le Mauvais.
Songe à Dieu, le temps fuit.
298 MARIE DE GASTILLB
DON JUAN
Je songe à ma vengeance !
Tiens, de tous tes pardons reçois ce prix!
Il tire un poignard de son sein et court sur la reine;
mais on se jette au devant de lui^ et le r&toumant sur luirfnème^ il se l'enfonce dans le cosur et tombe mort,
U REINE
Silence!
Dieu juge en ce moment ce coupable endurci.
Et pour le suicide on le dit sans merci;