LA STAT UE D E L A P ÈROUSE
vous qui trouvez que la gloire
Est trop achetée à ce prix,
Qui d'une immortelle mémoire
Concevez mal qu'on soit épris :
Devant cette noble statue
D'oti vient que votre àme est émue
Et frissoime d'un saint plaisir ?
D'où vient que vos mains applaudissent,
Et qu^à ces cris qui retentissent
Vos cris s'empressent de s'unir?
Formés d'une double nature, Ne trahissons pas nos destins.
Laissons au limon sa souillure; A l'àme, ses transports divins ; Ne nous faisons pas cet outrage D'affaiblir en nos cœurs l'image Du Dieu qui daigna l'y placer; Et ue pleurona pas une vie Mêlant au nom de sa patrie Un nom qui ne peut s'effacer.
En vain la fortune jalouse Loin de nous, sur des bordô cruels, ' De l'héroïque Lapérouse A gardé les restes mortels.
Tandis que ces voiles funèbres, Cette longue nuit, ces ténèbres Couvraient d'un deuil mystérieux La fia de sa noble carrière :
Son nom grandissait aur la terre, Et son âme montait aux deux.