‹ Œuvres poétiquesChapitre 43 sur 96 · LA STAT UE D E L A P ÈROUSE · texte numérisé non relu

LA STAT UE D E L A P ÈROUSE

vous qui trouvez que la gloire

Est trop achetée à ce prix,

Qui d'une immortelle mémoire

Concevez mal qu'on soit épris :

Devant cette noble statue

D'oti vient que votre àme est émue

Et frissoime d'un saint plaisir ?

D'où vient que vos mains applaudissent,

Et qu^à ces cris qui retentissent

Vos cris s'empressent de s'unir?

Formés d'une double nature, Ne trahissons pas nos destins.

Laissons au limon sa souillure; A l'àme, ses transports divins ; Ne nous faisons pas cet outrage D'affaiblir en nos cœurs l'image Du Dieu qui daigna l'y placer; Et ue pleurona pas une vie Mêlant au nom de sa patrie Un nom qui ne peut s'effacer.

En vain la fortune jalouse Loin de nous, sur des bordô cruels, ' De l'héroïque Lapérouse A gardé les restes mortels.

Tandis que ces voiles funèbres, Cette longue nuit, ces ténèbres Couvraient d'un deuil mystérieux La fia de sa noble carrière :

Son nom grandissait aur la terre, Et son âme montait aux deux.

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