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INAUGURATION DE LA STATUE DE LAPÉROUSE

Ainsi le dieu de la lumière, ' Au sortir des froides saisons.

Réveille et féconde la terre Qu'il couvre de riches moissons;

(i) Galaap de Lapërouse était le cousin-germain de mon grandpère maternel, le baron de Villefranebe. lia mère, la fllleule dn célèbre navigatear, aimait à me parler de lui dans ma première jeanesse et me disait souvent combien if est beau d'acqbérir une telle gloire. Cette excellente mère m'arait appris dès TAge de cinq ans à réciter des vers de Racine. Eût-elle mieux fait de me dire combien il est beau de devenir riche et de m'apprendre à lire dans Barème?

LA STATUB.DBLAPÉROUSE . 3n

Ainsi d'un héios magnanime La vertu, comme un feu sublime, Jette au loiu des rayons vainqueurs Dont la chaleur toute puissante Saisit notre âme languissante Et fond la glace de nos cœurs.

Lorsque meurent ces fiers courages De l'histoire éclatants flambeaux.

Pour en conserver les images Les arts épuisent leurs travaux.

Ici, sous une main habile, .

Le dur métal devient ductile Et coule en ruisseaux enflammés ; Là, les marbres purs d'Ausonie Touchés de la main du génie, En demi-dieux sont transformés.

Alors, comme au forum antique.

Sous la voûte libre des deux.

Sur un piédestal magnifique Le héros revit à nos yeux.

Là môme, où son naissant courage Entrevit la confuse image D'honneurs par la gloire conquis, Sur son front sacré qui rayonne La gloire pose la couronne Que lui décerne son pays.

Le chantre des pures pensées, Le poète inspiré de Dieu,

Dans ses entrailles oppressées >

Seat couler des fleuyes de feu.

Pour répondre au Dieu qui l'appelle,.

11 prête une oreille fidèle, 11 écoute, le front penché ; Soudain il pftlit et frissonne.

Étonné que son luth résonne .

Avant que ses doigts Talent touché.

Près du sculpteur et du poète, Les fils d'Àpelle et de Zeuxis Changent la toile en interprète De ces héroïques récits.

Tantôt d'une mer orageuse Ils montrent la vague fougueuse Assaillant des vaisseaux surpris ; Tantôt, aux éclats du tonnerre.

Sur une plage meurtrière Ils en dispersent les débris.

Mais toujours sur l'auguste scène Ils montrent le front du héros De sa majesté souveraine Dominant la fureur des flots.

Ils le montrent, dans le naufrage, Des siens excitant le courage fit hravant les rigueurs du sort ; On entend sa voix intrépide, Et dans son œil calme et limpide On lit le mépris de la mort.

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