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LE BAPTÊME

Dans une terre florissante S'élève aux sources d'un ruisseau :

Une eau limpide le féconde, Une main prudente Témonde, Et guidant son premier essor, Le voit se couvrir chaque année D'une couronne fortunée De fleurs et de fruits, doux trésor.

Ainsi lorsqu'une tendre épouse Du ciel implorant les secours Forme au bien d'une main jalouse Le fruit de ses chastes amours, Sous l'œil vigilant qui l'observe L'enfant croit en grâce, il conserve La pureté des saintes eaux, Et les vertus qu'elles produisent Sont autant de fleurs qui prédisent L'aurore des jours les plus beaux.

Que cette fréie créature

Est touchante aux yeux de la foi !

Qu'elle est aimable, qu'elle est pure,

Fille de la nouvelle loi !

Au moment que dans cette enceinte

Sur son front ruisselle l'eau sainte,

Un ange accourt du haut des deux ;

D'un Œil de frère il la regarde

El prend cette sœur sous sa garde,

Couverte d'un sang précieux.

religion bénie, Qui peut exprimer tes bienfaits?

Quel trésor! quel puissant génip D'amour, de justice et de paix | Par toi l'homme dès sa naissance Recouvre de son innocence Le vêtement abandonné, Et par toi de la rude guerre Que le mal livre sur la terre Il sort vainqueur ou pardonné.

En ce jour où cette foi brille, Que ne m'est-il donné 4e voir Près de mon fils et de ma fille Cette enfant, leur premier espoir!

De prier sur eux et sur elle, D'étendre une main paternelle Sur ses cheveux blonds et soyeux Qui de mon Alphonse à cet âge Embellissaient le doux visage Et le rappellent à mes yeux !

Bialgré le cruel int^*valle

Qui me sépare de leurs bras,

De leur piété filiale

Les soins ne m'abandonnent pas.

Que le Dieu de miséricorde

Pour prix de ces soins leur accorde

Cette couronne des vieux ans

Où le cœur paternel s'enivre

Du plMsir de se voir revivre Dans les enfants de ses enfants !

A M"' LA BIARQUISE DE VOISINS NÉE D*ALAYRAG.

valloD de CUlrac où ma première enfance Coula pleine de paii, de Joie oi dlnnoceooet Valloo délicieux, aoUtaire aéjour.

Oh me oaqnil des vers cet iromonel amoar.

Que ne pois-je enoor folr sur tes hautes tourelleat SVibattre un long easaim de blanches tonrterelleat Et dans ion rolsaeui par comme dans an miroir De tea beaux peapUera lea eîmea ae moavolrf

Elvire, vous rappelez-vous

Les jeux de notre premier âge, Quand nous allions, enfants et rêvant d'être époux, Acheter au marché du prix d'un ou deux sous

Notre bague de mariage?

A mon cœur fatigué d'un rude et long voyage

Ces souvenirs sont restés doux I

Rappelez-vous l'escarpolette Entre les deux marroniers verts Dont la fiôre et pompeuse tête Formait un dôme dans les airs, Où de l'ombre et de la lumière Les jeux, se mêlant à nos jeux, A travers la feuille légère Nous poursuivaient d'éclairs joyeux?

Et lorsque la petite table Nous lafiaemblait ea un grand jour^ Rappdez-Yous la troupe aimable De T08 compagnes d'alentour?

Maison modeste obéissance, En fraternelle complaisance, Elvire nous surpassait tous ; Et j'étais fier au fond de l'âme D'avoir une petite femme Dont les regards étaient si doux.

Quels amours plus saints que les nôtres !

Elvire ! quels tendres liens !

Tous mes parents étaient les vôtres, . Tous les vôtres étaient les miens.

Des mères pleines de tendresse Nous disaient la même caresse, Nos cœurs n'en étaient point jaloux ; Et pour nous apprendre une fable Votre père d'un geste affable Nqus pressait contre ses genoux.

de Lestar chères demeures,

Avec quelle rapidité

Près d'Elvire coulaient les heures

Des jours les plus longs de Tété I

Que ne puis-je sous vos ombrages,

Remontant la pente des âges, -

Redevenir petit enfant;

Et le soir, auprès de ma mère,

Des féfes d'un anneau de yerre Lui faire un récit triomphant!

Mais n'est-il p^ encor dans ce pays que j'aime Des sites fortunés que vous aimiez vous-même, Où nous puissions cent fois venir et revenir, Et cent fois retrouver un tendre souvenir?

Gravissons les hauteurs voisines, Jetons les yeux autour de nous :

Ces champs, ces vallons, ces collines, Elvire, tout parle de vous.

Voilà Mouzieys où de nos pères Les amitiés héréditaires Nous ont tracé le saint devoir De nous aimer avec tendresse.

De nous quitter avec tristesse, Et d'être heureux de nous revoir!

Voici Gajar au vert feuillage Où la jeune et riante Alix Comme un beau jour après l'orage A ramené les Saint Félix.

Heureux nom! séjour d'allégresse!

Que de fois l'aimable vieillesse De celle qui nous a quittés Versa sur notre heureuse enfonce L'inépuisable complaisance De ses maternelles bontés!

326 P01ÈSIES LYRIQUES

Plus loin par delà ce village

Qui les reçut comme en exil,

Ha pensée évoque l'image

Du vieux château des Perrodil ;

Nt)n point tel que dans sa ruine

Sur le sol qui pleure il sincline,

Triste, désert, silencieux ;

Hais tel qu'en des jours plus prospères

Il recevait comme des frères

Et vos pères et vos ayeux.

Plus près vos demeures si obères Qu'épargna ce temps destructeur, Également hospitalières Dans la plaine et sur la hauteur ; Et pour que nos tegards jouissent Des souvenirs qui réunissent Les Villefranche aux d'Àlairac, Voici dans l'air pur qui rayonne, Voici les bois, verte couronne Du vallon pieiix de Glairac.

Voulez-vous, aiinable compagne Du bonheur de mes premiers ans.

Revoir cette heureuse campagne Et ses paisibles habitants?

Tandis que ma lyre ravie Remontant le cours de la vie Sous vos yeux les ramènera, Mettez votre main ^an? la mienne,

Et que votre cœur se souvienne Comme le niien se souviendra \

Sur cette coUiae D'où mon œil channé, Clairac, domine Ton vallon aimé, Une douce flamme Jette dans mon âme ' Son rayon vainqueur, Et.de mon enfance L'aimable innocence Chante dans mon cœnr 1 '

Que j'aime les ondes De tes ruisseaux frais!

Les ombres profondes De tes bois épais!

Les pâles fougères Des coteaux lointains !

Les brises légères De tes frais matins!

Là, dans ta prairie, Tes enfants joyeux Sur l'herbe fleurie Conduisaient leurs jeux. ^

Les mères riantes.

Assises à part, Suivaient du regard Leurs tètes brillantes

Des rayons du soir; Et riaient de voir Les molles caresses Des vents vagabonds Dénouer les tresses De leurs cheveux blonds.

Mais lorsqu'elles-méme, bonheur suprême!

Chantant les refrains, Prenaient, tendres mères, Dans leurs mains si chères Nos petites mains I Les oiseaux qui chantent Dans le bois voisin; L^ eaux qui serpentent Sur un sable fin ; Les rondes légères Des fils et des mères.

Des sœurs et des frères Sous un ciel serein ; L'amoureuse haleine De fleurs d^ns la plame.

N'est-ce pas l'Éden, Avant que l'orage Ait flétri l'ombrage De l'heureux jardin!

Sur cette colline D'où mon œil charmé.

Clairac, domine Ton vallon aimé, Une douce flamme Jette dans mon ftme Son rayon vainqueur ; Et de mon enfance L'aimable innocence Chante dans mon coeur!

Ibs murailles grises De ton vieux manoir Gardaient pour devises L'antique devoir; La mâle constance DansTadversité; LafîdéUté; La tendre assistance De la charité, . L'hospitaUté; La ferme espérance De la piété !

Qu'ils étaient aimables Tes vieillards divins!

Quels fronts vénérables, Quels regards sereins!

Que le bonheur chaste, Paiâible et sans fiiste De ces cœurs chrétiens Hélait à leur table

Simple et délectable De chers entreliens !

L'innocence calme De ton beau séjour Assurait la palme De leur dernier jour :

Là dans ta chapelle Leur exemple appelle Les âmes à Dieu ; Leur vertu modeste D'un parfum céleste Emplit le saint lieu.

Ici sur ta porte Au jeune orphelin Leur foi vive apporte Le pain et le vin;' A la pauvre veuve Pleurant sous l'épreuve Du ihalheur humain ; Au vieillard que Tûge ^ Courbe et décourage Ils tendaient la main t

Si la violette

Se cache, elle jette

Des parfums plus doux ;

Si de Philomèle

La voix qui ruisselle

Gé/nit près de vous, Et que l'oiseau cliaute Dans l'ombre du soir Sa plainte touchante Sans se laisser voir;

Si dans cet asile La vertu tranquille Cachant ses bienfaits Fait naître autour d'elle L'amitié tidèle Et rheureuse paix, Gomme une onde pure De ses frais trésors Nourrit la verdure Qui croit sur ses bords;

Ces vertus aimables, Ces exemples saints, Ces dons charitables De pieuses mains ; Cette paix profonde Loin des bruits du monde N'est-ce pas rôden, Avant que l'orage Ait flétri l'ombrage De l'heureux jardin?

Sur cette cdlline D'où mon œil charmé,

Oainc, domine Ton Talion aimé.

Une donœ flamme Jette dans mon âme Son rayon Tainqaenr; Etdemonenfamce L'aimable innocence Cbante dans mon cœor I

J'aime tes fontaines, Opieox Talion, Dont les sources jrfeines Httnnuient ton nom, Tes vignes riantes Sot les vertes pentes Du double coteau Dont le cercle embrasse Avec tant de grâce Ton heureux château!

J'aime tes vieux chênes, Tes hauts peuptiers, Tes antiques frênes, Tes riches mûriers; J'aime ton toit sombre Enveloppé d'ombre Tes arbres sans nombre Et ta haute tour Où battant des ailes Les ramiers fidèles

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