‹ Œuvres poétiquesChapitre 53 sur 96 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Poui: sa chère progéniture.

Or, entre les objets qu'il voyait en ce lieu, Ces fils rintriguaieat fort. Placés là depuis peu, Œuvre de l'iiomme et non de la nature, Ils excitaient sa crainte et ses soupçons.

Ce devait être un piège à prendre les pinsons.

Des pipeaux pour les mettre en cage Et leur faire pleurer dans un triste esclavage

Les douceurs de la liberté.

Toutefois rien cacor sur ce fer redouté K'avait justifié ses craintes maternelles; Il avait vu des moineaux étourdis, De voyageuses hirondelles S'y poser en jouant et puis, rouvrant leurs ailes,

Reprendre leur vol impunis.

Ces exemples suffisaient-ils Pour rassurer sa tendresse inquiète ?

Tandis qu'il s'interroge en sa petite tète ,

Il voit le plus jeune des fils

De sa voisine l'alouette Y courir, redressant son aigrette au soleil.

Et d'un hymne de fôte, Saluant la nature à sou premier réveil.

Tout à coup le fer frissonne

Sous les pieds de l'imprudent ; Aucune arme ne siffle, aucun bruit ne s'entend,

Et sans qu'on ait vu personne,

Il tombe sans mouvement Sur la terre où la mort aussitôt le moissonne. Ah ! dit notre pinson, je ne me trompais pas.

Et de l'homme à ce coup je reconnais Vouvrage.

Quand les petits seront en âge, Je les avertirai de s'en garder. Hélas î

Notre pinson oubliait que lui-môme Des avis de sa mère avait fait peu de cas , Et que s'il n'avait point dans quelque stratagème • Trouvé l'esclavage ou la mort,

Aux premiers jours de son adolescence, Il le devait bien plus aux caprices du sort Qu'au favorable effet de son obéissance.

Eh ! quoi, dira quelqu'un, blâmez-vous les avis

Qu'une mère donne à ses fils ?

Dieu m'en garde ! je dis seulement que sur mille Un seul de ces avis sera peut-être utile.

Notez bien que je dis peut-être, et qu'à mon sens C'est prodige de voir des fils obéissants.

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