‹ Œuvres poétiquesChapitre 60 sur 96 · LA JEUNE PILLE ET L'AMOUR · texte numérisé non relu

LA JEUNE PILLE ET L'AMOUR

Dans l'enceinte d'un parc solitaire et paisible Où ne pénétrait pas de regard indiscret, Sur un lit odorant de fougère flexible,

Une jeune fille dormait.

Les zéphirs caressants sur ses paupières closes

Balançaient des bouquets de roses.

368 Fables

L*Amourqui l'aperçut, la prit entre ses bras

Et remporta dans le pays des songes. .

le charmant pays! 6 les divins mensonges,

Qui naquirent là sous ses pas !

La jeune fille y vit un amant jeune et tendre, Tel qu*un cœur bien épris a droit de le prétendre,

Qui lui présentait à genoux

Une corbeille où les bijoux

Ëtincelaient entre la soie, Ainsi qu'en un nuage où le soleil se noie.

Elle vit cet amant devenu sou époux

Demeurer aimable et fidèle.

Heureuse d'être aimée, elle était toujours belle, Et son bonheur durait jusqu'à ses derniers jours. le charmant pays que le pays des songes

Où l'on voit de si beaux mensonges !

Que n'y peut-on dormir toujours !

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