‹ Œuvres poétiquesChapitre 59 sur 96 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Ilâ vivraient 1... Est-ce assez, et d'une autre raison

Dois-je appuyer cette comparaison ?

On vous prend avec peur, on vous quitte avec joie, Tant qu'on est avec vous on craint d'être la proie

De quelque funeste accident.

11 suffit en effet qu'un chauffeur imprudent D'un peu trop de vapeur ait chargé sa machine,

Pour qu'elle éclate en immense ruine, Et de cent voyageurs n'en laisse aucun vivant. Au contraire, on chérit mes sentiers d'auhépine. On les cherche, on s'y plait, on y revient souvent.

On y goûte une paix profonde. En vain vous répondez par des calculs savants

Qu'il meurt autant et plus de monde Dans mes chemins fleuris que sur vos rails brûlants. Je ne sais pas sur quoi' ce beau calcul se fonde.

Mais ^, parfois, dans im sentier caché Un voyageur périt d'une mort imprévue.

Ce malheur ne peut m'étre à bon droit reproché, Car ce n'est pas moi qui le tue.

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