‹ Œuvres poétiquesChapitre 68 sur 96 · LE CHIEN ET SON MAITRE · texte numérisé non relu

LE CHIEN ET SON MAITRE

Sultan, beau lévrier, issu de noble race, Avait été l'Achille et THector de la chasse : Mais il se faisait vieux, et ses membres roidis N'allaient plus à son gré comme ils allaient jadis. Son maître cependant, par un triste caprice

En exigeait même service Et voulait qu'il courût à quinze ans comme à six.

C'était d'une horrible injustice.

Mais quand un maître parle, il faut qu'on obéisse. Tel est l'ordre. Un jour donc que le maître et le chien Poursuivaient un renard fourvoyé dans la plaine, De quelques grains de plomb le renard fut atteint. Pille, pille, Sultan ! Sultan court, mais en vain.

Il n'a plus assez d'haleine Pour la course, et d'un bond dans son étroit terrier Le mangeur de poulets va se réfugier.

Sultan revient tête basse.

Et son maître furieux

L'injurie et le menace

Et le frappe de son mieux.

Sultan dit : votre colère

N'est pas juste; j'ai dix aps

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