CÉRÈS
(Tiré d'Ovide, liv. VIII, à la fin.)
Allons chanter, assis dans les saintes forêts. Sous ce chêne orgueilleux, favori de Gérés, Qui loin autour de lui porte un immense ombrage. Tu vois : de tous côtés pendent à son feuillage Couronnes et bandeaux et bouquets entassés. Doux monuments des vœux par Gérés exaucés. A son ombre souvent les Nymphes bocagères Viennent former les pas de leurs danses légères ; Pour mesurer ses flancs et leur vaste contour. Leurs mains s'entrelacant serpentent à l'entour :
Et, les bras étendus, vingt Dryades à peine Pressent ce tronc noueux et dont Cérès est vaine.
La faim,
L'aride faim par qui ne fut point impunie L'insolente fureur du tyran d'Hémonie, L'impie Érysichton qui, sans craindre Cérès, Osa porter la hache à ces saintes forêts.