‹ Œuvres poétiques de André Chénier (volume 2)Chapitre 40 sur 118 · ORPHÉE · texte numérisé non relu

ORPHÉE

Ainsi quand de l'Euxin la Déesse étonnée Vit du premier vaisseau son onde sillonnée, Aux héros de la Grèce, à Colchos appelés, Orphée expédiait les mystères sacrés Dont sa mère immortelle avait daigné rinstruire. Près de la poupe assis, appuyé sur sa lyre. Il chantait quelles lois à ce vaste univers Impriment à la fois des mouvements divers, Quelle puissance entraîne ou fixe les étoiles. D'où le souffle des vents vient animer les voiles, Dans l'ombre de la nuit quels célestes flambeaux Sur l'aveugle Amphitrite éclairent les vaisseaux. Ardents à recueillir ces merveilles utiles. Autour du demi-dieu les princes immobiles Aux accents de sa voix demeuraient suspendus, Et l'écoutaient encor quand il ne chantait plus.

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