‹ Œuvres poétiques de André Chénier (volume 2)Chapitre 82 sur 118 · LOUIS TRUDAINE DE MONTIGNY ET MICHEL TRUDAINE DE LA SABLIÈRE · texte numérisé non relu

LOUIS TRUDAINE DE MONTIGNY ET MICHEL TRUDAINE DE LA SABLIÈRE

Amis, couple chéri, cœurs formés pour le mien. Je suis libre. Camille à mes yeux n'est plus rien. L'éclat de ses 3'eux noirs n'ébloui 1: plus ma vue; Mais cette liberté sera bientôt perdue.

Je me connais. Toujours je suis libre et je sers ; Etre libre pour moi n'est que changer de fers. Autant que l'univers a de beautés brillantes.

au ÉLÉGIES

Autant il a d'objets de mes flammes errantes.

Mes amis, sais-je voir d'un œil indifférent

Ou l'or des blonds cheveux sur l'albâtre courant,

Ou d'un flanc délicat l'élégante noblesse.

Ou d'un luxe poli la savante richesse ?

Sais-je persuader à mes rêves flatteurs

Que les yeux les plus doux peuvent être menteuri ?

Qu'une bouche où la rose, où le baiser respire.

Peut cacher un serpent à l'ombre d'un sourire ?

Que sous les beaux contours d'un sein délicieux

Peut habiter un cœur faux, parjure, odieux ?

Peu fait à soupçonner le mal qu'on dissimule,

Dupe de mes regards, à mes désirs crédule.

Elles trouvent mon cœur toujours prêt à s'ouvrir.

Toujours trahi, toujours je me laisse trahir.

Je leur crois des vertus, dès que je les vois belles.

Sourd à tous vos conseils, ô mes amis fidèles !

Relevé d'une chute, une chute m'attend ;

De Charybde à Scylla toujours vague et flottant.

Et toujours loin du bord jouet de quelque orage.

Je ne sais que périr de naufrage en naufraf t.

Ah ! je voudrais n'avoir jamais reçu le jour

Dans ces vaines cités que tourmente l'araoïir.

Où les jeunes beautés, par une longue étude.

Font un art des serments et de l'mgratitude.

Heureux loin de ces lieux éclatants et trcwnpeuni,

Eh ! qu'il eût mieux valu naître un de ces pasteurs

Ignorés dans le sein de leurs Alpes fertiles.

Que nos yeux ont connus fortunés et tranquillet f

Oh ! que ne suis- je enfant ùt ce lac e&chaoté

Où trois pâtres héros ont à la liberté

Rendu tous leurs neveux et l'Helvétie entière !

ŒUVRES POÉTIQUES DE ANDRÉ CHÉNIER sis

Faible, dormant encor sur le sein de ma mère,

Oh ! que n'ai- je entendu ces bondissantes eaux.

Ces fleuves, ces torrents, qui, de leurs froids berceaux, j

Viennent du bel Hasly nourrir les doux ombrages 1 1

Hasly ! frais Elysée ! honneur des pâturages !

Lieu qu'avec tant d'amour la nature a formé.

Où l'Aar roule un or pur en son onde semé.

Là je verrais, assis dans ma grotte profonde,

La génisse traînant sa mamelle féconde,

Prodiguant à ses fils ce trésor indulgent,

A pas lents agiter sa cloche au son d'argent,

Promener près des eaux sa tête nonchalante.

Ou de son large flanc presser l'herbe odorante.

Le soir, lorsque plus loin s'étend l'ombre des monts^

Ma conque, rappelant mes troupeaux vagabonds,

Leur chanterait cet air si doux à ces campagnes ;

Cet air que d'Appenzel répètent les montagnes.

Si septembre, cédant au long mois qui le suit.

Marquait de froids zéphyrs l'approche de la nuit.

Dans ses flancs colorés une luisante argile

Garderait sous mon toit un feu lent et tranquille.

Ou, brûlant sur la cendre à la fuite du jour,

Un mélèze odorant attendrait mon retour.

Une rustique épouse et soigneuse et zélée.

Blanche (car sous l'ombrage au sein de la vallée

Les fureurs du soleil n'osent les outrager).

M'offrirait le doux miel, les fruits de mon verger.

Le lait enfant des sels de ma prairie humide.

Tantôt breuvage pur et tantôt mets solide

En un globe fondant sous ses mains épaissi.

En disque savoureux à la longue durci ;

Et cependant sa voix simple et douce et légère

Me chanterait les airs que lui chantait sa mère.

Hélas ! aux lieux amers où je suis enchaîné

Ce repos à mes jours ne fut point destiné.

J'irai : je veux jamais ne revoir ce rivage.

Je veux, accompagné de ma muse sauvage,

Revoir le Rhin tomber en des gouffres profonds.

Et le Rhône grondant sous d'immenses glaçons,

Et d'Arve aux flots impurs la nymphe injurieuse.

Je vole, je parcours la cime harmonieuse

Où souvent de leurs cieux les anges descendus.

En des nuages d'or mollement suspendus.

Emplissent l'air des sons de leur voix éthérée.

0 lac, fils des torrents ! ô Thun, onde sacrée !

Salut, monts chevelus, verts et sombres remparts

Qui contenez ses flots pressés de toutes parts 1

Salut, de la nature admirables caprices.

Où les bois, les cités pendent en précipices !

Je veux, je veux courir sur vos sommets touffus ;

Je veux, jouet errant de vos sentiers confus.

Foulant de vos rochers la mousse insidieuse.

Suivre de mes chevreaux la trace hasardeuse ;

Et toi, grotte escarpée et voisine des cieux.

Qui d'un ami des saints fus l'asile pieux,

Voûte obscure où s'étend et chemine en silence

L'eau qui de roc en roc bientôt fuit et s'élance.

Ah ! sous tes murs, sans doute, un cœur trop agité '

Retrouvera la joie et la tranquillité 1

D'Ovide, livre II.

Oh I puisse le ciseau qui doit trancher mes jours Sur le sein d'une belle en arrêter le cours I

Qu'au milieu des langueurs, au milieu des délices,

Commençant de Vénus à goûter les prémices,

Mon âme, sans effort, sans douleurs, sans combats.

Se dégage et s'envole, et ne le sente pas !

Que chacun sur ma tombe, où la pierre luisante

Ofïrira de ma fin l'image séduisante.

L'œil humide de pleurs, dise avec un soupir :

• Ainsi puissé-je vivre, et puissé-je mourir I »

Eh bien ! je le voulais. J'aurais bien dû me croire. Tant de fois à ses torts je cédai la victoire ! Je devais une fois du moins, pour la punir. Tranquillement l'attendre et la laisser venir. Non. Oubliant quels cris, quelle aigre impatience Hier sut me contraindre à la fuite, au silence, Ce matin, de mon cœur trop facile bonté ! Je veux la ramener sans blesser sa fierté : J'y vole ; contre moi je lui cherche une excuse : Je viens lui pardonner ; et c'est moi qu'elle accuse. C'est moi qui suis injuste, ingrat, capricieux : Je prends sur sa faiblesse un empire odieux. Et sanglots et fureurs, injures menaçantes. Et larmes, à couler toujours obéissantes ; £t pour la paix il faut, loin d'avoir eu raison. Confus et repentant, demander mon pardon. O Camille, Camille 1...

Tout mortel se soulage à parler de ses maux.

Le suc que d'Amérique enfantent les roseaux

Tempère au moins un peu les breuvages d'absinthe.

Ainsi le fiel d'amour s'adoucit par la plainte,

Soit que le jeune amant raconte son ennui

A quelque ami jadis agité comme lui,

Soit que, seul dans les bois, ses éloquentes peines

Ne s'adressent qu'aux vents, aux rochers, aux fontaines.

Quand à la porte ingrate exhalant ses douleurs TibuUe lui prodigue et l'injure et les pleurs, La grâce, les talents, ni l'amour le plus tendre. D'un douloureux affront ne peuvent le défendre. Encore si vos yeux daignaient, pour nous trahir. Chercher dans vos amants celui qu'on peut choisir, Qu'une belle ose aimer sans honte et sans scrupule, Et qu'on ose soi-même avouer pour émule ! Mais, Dieux ! combien de fois notre orgueil ulcéré A rougi du rival qui nous fut préféré ! Oui, Thersite souvent peut faire une inconstante. Souvent l'appât du crime est tout ce qui vous tente. Et nous savons à qui de coupables moitiés Immolèrent Astolfe et Joconde oubliés.

Ad imitationem Calîimachi quodam modo compositutn, dum in fragmtntum incido ex elegis venustissimum, quod est in collections BentUiana 67 (note d'André Chénier).

Tout homme a ses douleurs. Mais aux yeux de ses frères Chacun d'un front serein déguise ses misères. Chacun ne plaint que soi. Chacun dans son ennui Envie un autre humain qui se plaint comme lui. Nul des autres mortels ne mesure les peines Qu'ils savent tous cacher comme il cache les siennes ; Et chacun, l'œil en pleurs, en son cœur douloureux Se dit : « Excepté moi, tout le monde est heureux. » Ils sont tous malheureux. Leur prière importune Crie et demande au ciel de changer leur fortune. Us changent ; et bientôt, versant de nouveaux pleurs. Ils trouvent qu'ils n'ont fait que changer de malheurs.

Le courroux d'un amant n'est point inexorable. Ah ! si tu la voyais, cette belle coupable. Rougir et s'accuser, et se justifier.

Sans implorer sa grâce et sans s'humilier. Pourtant de l'obtenir doucement inquiète, Et, les cheveux épars, immobile, muette. Les bras, la gorge nus, en un mol abandon, Tourner sur toi des yeux qui demandent pardon. Crois qu'abjurant soudain le reproche farouche, Tes baisers porteraient son pardon sur sa bouche.

Viens près d'elle au matin, quand le dieu du repos

Verse au mol oreiller de plus légers pavots,

Voir, sur sa couche encor du soleil ennemie,

Errer nonchalamment une main endormie ;

Ses yeux prêts à s'ouvrir, et sur son teint vermeil,

Se reposer encor les ailes du sommeil.

Va, sonore habitant de la sombre vallée, Vole, invisible écho, voix douce, pure, ailée, Qui, tant que de Paris m'éloignent les beaux jours. Aimes à répéter mes vers et mes amours. Les cieux sont enflammés. Vole, dis à Camille Que je l'attends, qu'ici, moi, dans ce bel asile. Je l'attends ; qu'un berceau de platanes épais La mène en cette grotte, où l'autre jour, au frais. Pour nous, s'il lui souvient, l'heure ne fut point lente... Va. Sous la grotte, ici, parmi l'herbe odorante. Dont l'œil même du jour ne saurait approcher, Et qu'égayé, en courant, Teau, fille du rocher...

Il n'est donc plus d'espoir, et ma plainte perdue A son esprit distrait n'est pas même rendue.

Couchons-nous sur sa porte. Ici, jusques au jour,

Elle entendra les pleurs d'un malheureux amour.

Mais, non... fuyons... Une autre avec plaisir tentée

Prendra soin d'accueillir ma flamme rebutée,

Et de mes longs tourments pour consoler mon cœur...

Mais plutôt renonçons à ce sexe trompeur.

Qui ? moi ? j'aurais voulu sur ce seuil inflexible.

Tenter à mes douleurs un cœur inaccessible ;

J'aurais flatté, gémi, pleuré, prié, pressé...

A me dire coupable elle m'aurait forcé ?..,

Que l'amour au plus sage inspire de folie !

Allons ; me voilà libre et pour toute ma via.

Oui, j'y suis résolu ; je n'aimerai jamais ;

J'en jure... Ma perfide avec tous ses attraits

Ferait pour m'apaiser un effort inutile...

J'admire seulement qu'à ce sexe imbécile

Nous daignions sur nos vœux laisser aucun pouvoir ;

Pour repousser ses traits, on n'a qu'à le vouloir.

Ingrate que j'aimais, je te hais, je t'abhorre...

Mais quel bruit à sa porte. . . Ah ! dois-je attendre encore?

J'entends crier les gonds... On ouvre, c'est pour moi !.,.

Oh ! ma... m'aime et me garde sa foi...

Je l'adore toujours... Ah ! Dieux ! ce n'est pas elle I

Le vent seul a poussé cette porte cruelle.

Partons, la voile est prête, et Byzance m'appelle. Je suis vaincu, je fuis. Au joug d'une cruelle, Le temps, les longues mers peuvent seuls m'arracher. Ses traits que malgré moi je vais toujours chercher ; Son image partout à mes yeux répandue.

Et les lieux qu'elle habite, et ceux où je l'ai vue,

Son nom qui me poursuit, tout offre à tout moment

Au feu qui me consume un funeste aliment.

Ma chère liberté, mon unique héritage.

Trésor qu'on méconnaît tant qu'on en a l'usage, Si doux à perdre, hélas ! et sitôt regretté, M attends- tu sur ces bords, ma chère liberté 1

XLi^III

Eh ! le pourrai- je au moins ? suis- je assez intrépide ?

Et toute belle enfin serait-elle perfide ? Moi, tendre, même faible, et dans l'âge d'aimer. Faut-il n'oser plus voir tout ce qui peut charmer ? Quand chacun à l'envi jouit, aime, soupire, Eaut-il donc de Vénus abjurer seul l'empire ? Ne plus dire : Je t'aime ! et dormir tout le jour. Sans avoir pour adieux quelques baisers d'amour ? Et lorsque les désirs, les songes, ou l'aurore Troubleront mon sommeil, me réveiller encore. Sans que ma main déserte et seule à s'avancer Trouve dans tout mon lit une main à presser I

Souvent le malheureux sourit parmi ses pleurs, Et voit quelque plaisir naître au sein des douleurs. Sous ses hauts monts ainsi l'Allobroge recèle ; Sous ses monts, de l'hiver la patrie étemelle.

Et les fleurs du printemps et les biens de Tété.

Sur leurs arides fronts le voyageur porté

S'étonne. Auprès des rocs d'âge en âge entassée,

En flots âpres et durs brille une mer glacée.

A peine sur le dos de ces sentiers luisants

Un bois armé de fer soutient ses pas glissants.

Il entend retentir la voix du précipice.

Il se tourne, et partout un amas se hérisse

De sommets ou brûlés ou de glace épaissis,

Fils du vaste mont Blanc, sur leurs têtes assis,

Et qui s'élève autant au-dessus de leurs cimes

Qu'ils s'élèvent eux-même au-dessus des abîmes.

Mais bientôt à leurs pieds qu'il descende : à ses yeux

S'étendent mollement vallons délicieux.

Pâturages et prés, doux enfants des rosées,

Trienz, Cluses, Magland, hiunides Élysées,

Frais coteaux, où partout sur des flots vagabonds

Pend le mélèze altier, vieil habitant des monts.

Je suis en Italie, en Grèce. O terres ! mères des arts, favorables aux vertus. O beaux-arts ! de ceux qui vous aiment délicieux tourments ! Seul au miheu d'un cercle nombreux, tantôt

De vivantes couleurs une toile enflammée

-— s'offre tout à coup à mon esprit.

Raphaël, Jules, Corrége, etc.. qui ont porté au plus haut point de perfection cet art divin, mort depuis tels et tels, itc.

tst

Que, de ces grands pinceaux émule inattendu, Le pinceau de David à la France a rendu

... Ma main veut fixer ces rapides tableaux. Et frémit et s'élance et vole à ses pinceaux. Tantôt, m'éblouissant d'une clarté soudaine, La sainte poésie et m'échauffe et m'entraîne, Et ma pensée, ardente à quelque grand dessein. En vers tumultueux bouillonne dans mon sein. Ou bien dans mon oreille un fils de Pol5manie, A qui Naple enseigna la sublime harmonie, A laissé pour longtemps un aiguillon vainqueur. Et son chant retentit. . . . dans mon cœur.

Alors mon visage s'enflamme, et celui qui me voit se dit que ma raison a besoin d'ellébore. Mais des choses bien plus importsmtes... je parcours le Forum, le sénat. J'y suis entouré d'ombres sublimes. J'entends la voix des Gracchus, etc.. Cincinnatus, Caton, Brutus... Je vois les palais qu'ont habités Germanicus et sa femme... Thraséas, Soranus, Sénécion, Rustique.

En Grèce, tous les peuples difîérents, chacun avec son front, son visage, sa physionomie, passent en revue devant mes yeux. Chacun est conduit par ses héros qu'il faut nommer. (Comme l'énumération d'Homère.) Périssent ceux qui traitent de préjugé l'admiration pour tous ces modèles antiques, et qui ne veulent point savoir que les grandes vertus, constantes et solides, ne sont qu'aux lieux où vit la liberté. Hos utinam inter heroas tellus me prima tulisset l Si j'avais vécu dans ces temps... je n'aurais point fait des Arts d'aimer, des poésies molles, amoureuses. Ma muse courtisane n'aurait point... J'aurais mené la vie d'un jeune Romain, Au barreau, dans le Sénat, j'aurais défendu la liberté, ou je serais mort à Utique d'un coup de poignard. Mais, mes deux amis, mes compagnons, je ne vtiix point souhaiter un monde meilleur où vous ne

seriez pas ! Plût au ciel que nous y eussions été ensemble. Nous aurions formé un triumvirat plus vertueux que celui... Mais vivons comme ces grands hommes. Que la fortune en agisse avec nous comme il lui plaira : nous sommes trois contre elle. Tout cela doit être fait de vervt et sur les lieux.

Des belles voluptés la voix enchanteresse N'aurait point entraîné mon oisive jeunesse. Je n'aurais point en vers de délices trempés, Et de l'art des plaisirs mollement occupés, Plein des douces fureurs d'un délire profane. Livré nue aux regards ma muse courtisane. J'aurais, jeune Romain, au sénat, aux combats. Usé pour la patrie et ma voix et mon bras ; Et si du grand César l'invincible génie A Pharsale eût fait craindre enfin la tyrannie. J'aurais su, finissant comme j'avais vécu. Sur les bords africains, défait et non vaincu. Fils de la liberté, parmi ses funérailles. D'un poignard vertueux déchirer mes entrailles. Et des pontifes saints les bancs religieux Verraient même aujourd'hui vingt sophistes pieux Prouver en longs discours appuyés de maximes Que toutes mes vertus furent de nobles crimes ; Que ma mort fut d'un lâche, et que le bras diviu M'a gardé des tourments qui n'auront point de fin.

. . . . Ile charmante, Amphitrite, ta mère, N'environne point d'île à ses yeux aussi chère. Paphos, Gnide ont perdu ce renom si vanté.

22 3 f.LflGIES

C'est chez toi que l'amour, la grâce, la beauté,

La jeunesse ont fixé leurs demeures fidèles.

Berceau délicieux des plus belles mortelles,

Tes cieux ont plus d'éclat, ton sol plus de chaleurs,

Ton soleil est plus pur, plus suaves tes fleurs.

D'... reçut le jour sur tes heureux rivages.

Que toujours tes vaisseaux ignorent les naufrages ;

Que l'ouragan jamais ne soulève tes mers ;

Que la terre en tremblant, l'orage, les éclairs,

N'épouvantent jamais la troupe au doux sourire

Des vierges aux yeux noirs, reines de ton empire 1

LU

Soit que le doux amour des nymphes du Permesse, D'une fureur sacrée enflammant sa jeunesse. L'emporte malgré lui dans leurs riches déserts. Où l'air est poétique et respire des vers ; Soit que d'ardents projets son âme poursuivie L'aiguillonne du soin d'éterniser sa vie ; Soit qu'il ait seulement, tendre et né pour l'amour. Souhaité de la gloire, afin de voir im jour. Quand son nom sera grand sur les doctes collines. Les yeux qui rendent faible et les bouches divines Chercher à le connaître, et, l'entendant nommer. Lui parler, lui sourire, et peut-être l'aimer.

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