‹ Œuvres poétiques de André Chénier (volume 2)Chapitre 87 sur 118 · LXXXVIII · texte numérisé non relu

LXXXVIII

ÉLÉGIE ORIENTALE

Trop longtemps le plaisir, égarant mes beaux jours, A consacré ma lyre aux profanes amours. J'ai trop chanté de vers trop suaves, peut-être. Que l'oeil de la pudeur n'a point osé connaître.

Mais aujourd'hui que mon âge a commencé de se calmer, que les belles m'inspirent des fureurs plus tranquilles, je puis sans interruption chanter sur un ton plus austère... je vais achevant mon Hermès... surtout les champs de tel et tel pays m'ont vu travailler avec délices à mon poème de Suzanne... O pudeur ! Vierge sainte, c'est pour toi que je fais cet ouvrage... il sera chaste et pur comme toi. Puisse- t-il comme toi charmer et plaire 1 Je veux que

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ta bouche le répète... Je veux qu'avant d'être épouse, une belle innocente, le soir, le récite auprès de sa mère attentive. Ainsi donc, mes vers, dites adieu... vous n'irez plus... je ne vous verrai plus

En de brûlants tableaux, en de vives paroles. Offrant le vain amas de mes jeunesses folles. Alarmer rînnocence et, trop coupable affront 1 D'un timide embarras couvrir un chaste front.

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Rustan peut en un mois parcourir ses sillons ; Des coursiers d'Yémen peuplent tous ses vallons. Il a toute une armée, aux regards formidables. Qui tient de son palais les portes redoutables. Les murs de ses jardins au zéphyr enchanté Semblent enceindre au loin quelque vaste cité. De cent noirs Africains la sûre jalousie Lui garde cent beautés, l'élite de l'Asie, Que des bains odorants les suaves apprêts Conduisent à son Ut éclatantes d*attraits.

Mais il n*a pas la mienne, etc., etc.

Les crins de trois coursiers marchent devant ses pas.

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