PO Ù: M ES
A ses attraits aussi mon âme s'est émue.
Nous sommes vieux tous deux. Mais quel œil peut la voir
Sans pétiller d'amour, de jeunesse, d'espoir ?
Ne soyons point jaloux. Faut-il qu'un de nous pleure?
Pour qu'elle soit à l'un, faut-il que l'autre meure?
Quand j'aurai de ma soif dans ses embrassements
Rassasié les feux et les emportements,
Env rai-je qu'un autre, altéré de ma proie,
Aille aussi dans ses bras chercher la même joie ?
Va, tu peux sur sa bouche éteindre tes ardeurs ;
Je peux de mon amour épuiser les fureurs.
Sans qu'elle ait rien perdu de sa beauté suprême.
Nous la retrouverons tout entière la même.
Aidons-nous : ce trésor peut suffire à tous deux ;
Elle possède assez pour faire deux heureux.
Il dit, et sur les plis de leurs sombres visages
Éclate un noir sourire. — Oui, Séphar, soyons sages.
Dit Manassès. Aimons, ne soyons point amis ;
Et, pour tromper toujours, soyons toujours unis.
Laissons à l'inquiète et vaine adolescence
De ses amours jaloux l'enfantine imprudence.
Viens ; au sortir du temple où ces temps malheureux
Attirent plus souvent les timides Hébreux,
Nous irons concerter chez moi, dans le mystère.
Les moyens de séduire et de nous satisfaire.
Cependant on va au temple. Un jeune prophète éloquent, âgé de quatorze ans (Daniel), y explique la loi. Il s'est déjà rendu célèbre par sa liberté avec les rois et... Tout le peuple accourt... Suzanne avec toute sa maison et sa jeune sœur... Description de sa démarche et de sa contenance. Tout le peuple la respecte, l'admire en la regardant marcher, et ils se disent l'un à l'autre : « Certes.
il n'y avait que Joachim qui méritât cette femme. Et sans cette femme, il n'y avait point d'épouse pour Joachim ; » et ils bénissent les cheveux blancs du bon Helcias, qui pleure de joie en regardant sa fille. Le jeune prophète chante ainsi : « sur la captivité des Juifs..., description ; et sur ce que l'iniquité des hypocrites a été cause... » (Imiter Milton et les livres juifs). Suzanne rentre chez elle... ; elle se couche..., et, dans l'absence de son mari, on dresse à côté d'elle un lit pour sa jeune sœur... Son sommeil est troublé... Description... Elle se réveille... ; elle s'écrie : « Dieu ! quelles agitations inquiètes ! pourtant je suis sans remords. Le crime, si le crime existe, est étranger à mon cœur... » Son discours réveille sa jeune sœur qui dormait à côté d'elle... Description de son doux et aimable sommeil... Son discours touchant et enfantin... « Si elle est malade... » (en tutoyant comme dans tout l'ouvrage). Suzanne répond... Elle ne peut se rendormir ; elle appelle son esclave chérie, qui se nomme... Elle lui fait part de ses insomnies ;... elle veut descendre dans ses jardins.