‹ Œuvres poétiques de André ChénierChapitre 21 sur 88 · FRAGMENTS ET INTENTIONS · texte numérisé non relu

FRAGMENTS ET INTENTIONS

t n n'est qu'un Dieu suprême, créateur et conservateur étemel... Les âmes des héros, des anges... sont Dieux après lui. Les hommes aujourd'hui n« leur donnent pas

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ce nom. Mais la poésie est indépendante et libre ; elle abonde en un langage hardi et nouveau ; et sa belle bouche ne se condamne pas à répéter servilement les expressions des hommes. »

Dieu s'avance pour parler... Il veut que tous les cieux fassent silence. Il s'assied sur le soleil... Le soleil ne tourne plus sur son axe. Des anges courent en foule aux planètes qui leur sont confiées, s'opposent à leur mouvement et les arrêtent dans leur course... Tout l'univers est immobile. Dieu parle... (son discours) et quand il a fini, les groupes d'anges ne retiennent plus les astres qui se précipitent dans leur orbite et continuent leur chemin à grand bruit qui retentit dans l'espace.

Il faut que j'invente entièrement une sorte de mythologie probable et poétique avec laquelle je puisse remplacer les tableaux gracieux des anciens, ces Néréides accompagnant le navire d'une femme, etc...

Il y a des choses pleines de génie et dignes de l'antiquité dans le poème de Sannazar sur l'enfantement de la Vierge. Il revêt le Tout-Puissant d'une robe que la nature lui a tissue, où elle a représenté les mondes, soleils, etc.. Il peint le fleuve Jourdain appuyé sur une urne où sont ciselés divers événements analogues au sujet... Il faut donner au Marannon une urne pareille.

Il ne sera pas mal que le poète raconte allégoriquement quelque part l'histoire physique du tonnerre. Dieu le forme dans les nuages... Les anges ou ministres amassent les vapeurs et exhalent de la terre. Cela est épique et fournit de grandes images.

Au lieu de Neptune, il faut peindre l'ange de la mei agitant les rochers, soulevant les vagues et excitant les tempêtes.

(Il faut dans cet ouvrage que chaque nation ait son Dieu, comme de raison. Mais le poète les admettra tous.

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Il peindra les cérémonies de toutes les religions avec une indifférence et une égalité parfaites. Quand il aura peint un idolâtre faisant une prière, il ajoutera : a II pria ainsi et son Dieu l'entendit du haut du ciel. »)

Je voudrais imaginer des actions et des épisodes tragiques et grands et prouvant de grandes choses morales qui pussent être citées et vivre dans la mémoire des hommes, comme ce qui nous est resté des anciens. Je voudrais imiter la fin de l'Œdipe de Sophocle...

Ce sera un épisode touchant que cette histoire que je voulais mettre dans un autre poème... Une jeune héroïne suit son amant... il est mort... Elle va sur son tombeau... on l'entraîne... dans les délires de la fièvre... Enfin un jour elle éloigne tous ses gardiens... et mourante, languissante, elle marche vers ce tombeau... Avant d'y arriver... elle tombe... On l'entend, on y court... on veut la reporter chez elle... Elle s'attache aux branches d'un arbre en criant... On consent à la porter sur le tombeau... on obtient qu'elle mange... on lui donne du lait... Elle allait porter la coupe à sa bouche... elle s'arrête... réfléchit... des larmes coulent de ses yeux... elle incline la coupe sur le tombeau, verse la moitié du lait en disant : « Tiens, mange aussi, toi... » elle avale le reste... elle meurt sur le tombeau.

On leur offre la paix... mais cette paix n'est point riante... elle n'est point couronnée d'épis et de lieurs... Elle a le regard dur, la tête haute, des chaînes dans ses mains... C'est la paix de l'esclavage, elle ressemble à la guerre.

Bravade : L'avez-vous ouï dire ? — Jamais. — Eh bien,

c'est donc à moi de vous instruire que... L'autre le quitte au milieu de son discours et va faire précisément ce que l'autre prétendait lui défendre.

Un vieillard, consolant un jeune homme qui se reprochera avec amertume une faute qu'il aura commise.

pourra lui dire cette sage maxime : qu'il faut être indulgent pour les autres et aussi pour soi.

Hier tu pouvais tout et m'osas offenser ; Tu n'es rien, je puis tout, et choisis la clémence. Faible et pauvre j'allais, pour punir ton offense. Soulever terre et ciel, quel qu'en fût le danger ; Mais j'aime à pardonner quand je puis me venger.

On pourrait feindre qu'un jeune homme aurait été se distinguer en Aniérique, déshérité par son père qui, se repentant, le chercherait en Amérique. Le fils sans le connaître tuerait son père et épouserait sa mère... Cela découvert, il dirait à ses enfants avant de se tuer :

Venez, fils de l'inceste

Imprimez-vous bien mon visage

Venez, venez, enfants. Vous tremblez, vous fuyez. Venez, regardez-moi. Ces traits que vous voyez, Ce sont ceux d'un méchant, d'un traître, d'un perfide. D'un fils incestueux et d'un fils parricide !...

Quand, fugitifs, sans appui, sans asile, on vous appellera fils de l'inceste, alors maudissez votre père. Et quand

Un traître, un parricide, un fils incestueux.

Au gibet mérité marcheront sous vos yeux,

A leur visage impie, horrible, sanguinaire,

Rappelez-vous Femand, maudissez votre père.

Dites : — Il ressemblait à ces honmies pervers

Que les bourreaux • •

Peindre noblement et superstitieusement la force dej imprécations d'un père... Dans un épisode errandemeni

tragique. Ceci doit être un des plus beaux endroits do l'ouvrage.

Il serait bon, et neuf, et original, dans la foule de caractères qui doivent remplir cet ouvrage, d'en jeter un d'un âge mûr, devenu froid et tranquille, d'ardent et impétueux qu'il était dans sa jeunesse ; silencieux, écoutant tout et ne répondant rien, faisant et disant tout Ce qu'il a à faire ou à dire sans aucune altération de visage ; dans le conseil, n'ayant que des avis ironiques ; dans la mêlée se battant sans jamais rien perdre de son sangfroid ; quand, après la victoire, chacun étale ses exploits pour avoir part au butin, lui, se taisant et s'en allant ; humain et bon, sans aménité ; ami inviolable sans être caressant ; généreux sans magnificence ; juste sans aimer la vengeance ; grand sans enthousiasme ; peu fêté, peu recherché ; mais honoré de tous. Adoré du soldat qui craint même son regard. Redouté dans le conseil, même lorsqu'il garde le silence. Et lui donner un ami d'un grand caractère tout opposé qui, en l'aimant, le respecte.

Un vieillard dira :

Affreux bienfait du ciel que de survivre à tous ceux que l'on aime !... mes parents m'ont abandonné; mes amis m'ont abandonné ; tous m'ont abandonné. Je suis resté seul au monde. Il n'est plus personne sur la terre avec qui je puisse parler de ce que nous avons vu autrefois ; rappeler à quels jeux nous jouions dans notre enfance ; nos premières amours, et disputer quelle maîtresse était la plus belle. Ceux qui sont vieux aujourd'hui, quand ils étaient jeunes, m'ont vu déjà vieux. La vieillesse est à charge aux jeunes gens... Ils me fuyaient alors, ils m'évitaient. Ils me fuient, ils m'évitent encore comme s'ils étaient restés jeunes et que je fusse vieux tout seul. Les jeunes gens me haïssent... — Vieillard, ne nous fais point ce reproche. Nous aimons, nous respectons tous ta vieillesse vertueuse.

Le vieillard dira : Mquam mémento rehus»—

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Gardons, gardons toujours, nous qui devons mourir.

Une âme égale et ferme

Dans les biens, dans les maux que le ciel nous envoie Entre la paisible. . . et l'insolente joie.

Horat.

Il faut peindre avec des couleurs vraies et naïves un Espagnol ou autre, comme l'Hercule des anciens, principalement dans VAlceste d'Euripide, grand, féroce, généreux, terrible, gros mangeur, etc.

Ainsi le paysan inscius s'assied sur un serpent roulé sur lui-même et qu'il prend pour un tronc d'arbre.

Ainsi le voyageur fatigué s'assied et se repose sous un mancenillier, ombrage vénéneux... Saisi d'un froid mortel, il se lève, il se traîne loin de cet arbre funeste, et plus il s'en éloigne, plus il sent se ranimer son cœur.

Et rena'tre en son flanc la force et la vigueur.

Je veux, dans un tableau pathétique et sombre, mettre un homme dans une circonstance où il puisse traduire Job : pereat dies in qua... et la sentence grecque : le meilleur était de ne pas naître, ensuite de mourir bientôt.

Je veux, dans un même morceau, confondre et imitei cet endroit d'Homère où Priam demande à Hélène le nom des héros de l'armée, et la divine scène d'Eschyle dans les Sept chefs où un messager apprend à Étéocle les noms des Chefs et les devises de leurs boucliers qu 'Étéocle rétorque toujours contre eux. Cette scène est au-dessus de l'éloge. Il faut presque la traduire.

La nuit vient... et passe... le jour renaît... Et comme on voit une nation de fourmis... dans les champs le noit i>eui>le chemine et va en rampant...

xif POÈMES

Ainsi pour les travaux, pour le gain, pour la peine. S'éveille avec le jour la fourmilière humaine.

Aussitôt dans la cité, dans le port...

Tout s'émeut et s'empresse

On traîne, on porte, on court. L'aigre dent de la scie Mord la pierre ou le bois. La lime ronge et crie. Sur les longs clous de fer tonnent les lourds marteaux. Les roues. . . . glissent sous les fardeaux. Les fouets sifiQent dans l'air et les chevaux dociles Poussent, en agitant leurs sonnettes mobiles. Partout au loin se mêle un tumulte de voix Et de hennissements et de rauques abois.

Le héros couché entend ce bruit, etc.

Comme un chien vigilant couché près de son maître. D'aussi loin qu'il a cru reconnaître le bruit D'un passant vagabond qui chemine la nuit, Se dresse, jappe, écoute ; et si le bruit augmente, Crie et s'élance et gronde et saute et se tourmente ; Ainsi

Homère compare les fleuves à l'huile : to^Trep è'Xatov, Moins lente on voit couler la liqueur de l'oUve.

Doux comme la vertu, beau comme la pudeur.

Ainsi, sur une dmc élevée une immense quantité de neige s'amoncelle et demeure suspendue et immobile au penchant du mont. Mais un seul flocon qui se détache

donne à tout le mouvement ; il en entraîne un second, puis un autre ; et bientôt tout cet amas énorme s'éboule dans la vallée avec un fracas épouvantable.

Ainsi, quand la tempête aux ailes ténébreuses.

Le serpent (voyez Virgile), aux rayons du soleil,

De sa queue à longs plis sillonne la poussière Et de son triple dard fait siffler la lumière.

Ainsi, une génisse dans l'étable, si quelqu'un vient toucher et caresser son veau, croit qu'on veut le lui enlever ; elle tourne la tête, elle fait effort pour se détacher et venir à son secours et mugit douloureusement.

Ainsi, un homme qui, dans le cœur de l'hiver, veut passer un fleuve glacé... Il s'avance... mais au milieu, tout à coup, il entend la glace crier et se fendre sous ses pieds... il s'arrête,

n pâlit. Sur son front se dressent ses cheveux. Tremblant, l'effroi l'agite et roule dans ses yeux. Le tumulte, la mort égare son visage, Et sa mère, à grands cris, le rappelle au rivage.

Un héros qui a souffert des injustices s'éloigne comme Coriolan et cache partout son nom comme Ulysse. Qu'i] s'appelle Alphonse, par exemple. Il trouve un vieillard comme Philoctète qui lui demande des nouvelles de l'armée, et celui-ci... et celui-là... et ce vieillard...

Il invoque la mort, il a pleuré son fils.

O dieux ! réplique le vieillard, c'était mon plus ancien ami. Nous avions ensemble étudié... et ce jeune héros... cet Alphonse... Alphonse ? — Il a vécu.

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Puis il finit par aller chercher un asile chez un prince américain à qui il a fait tout le mal possible. Il entre non à la manière des suppliants... mais le prince hospitalier, qui est alors dans un festin, s'approche de lui... « Étranger, viens t'asseoir à ma table... Tous les humains rencontreront chez moi l'hospitalité... Il n'en est qu'un seul qui y trouvera le châtiment de ses barbaries... Plût aux Dieux que la tempête le jetât ici !... C'est ce dur Espagnol, c'est ce cruel Alphonse... » L'étranger l'interrompt... « Je suis Alphonse... C'est moi qui t'ai fait tant de mal et qui viens t' aider à le réparer. >

Je voudrais peindre un grand homme, injustement banni, réduit à vivre dans une cabane en quelque lieu sauvage et désert. On a besoin de lui, on va le chercher ; il salue tendrement à l'antique la cabane qui l'a conservé. (Si c'est un chrétien, il faut mêler à cela une sorte de dévotion noble et romanesque.) Il se couvre de gloire. 11 a de nouveaux malheurs et meurt misérablement en regrettant son asile.

Un homme (peut-être un fourbe), tenant un discours passionné et persuasif, emploiera ce tour... telle et telle chose arrivait... O vagues de telle mer !... ô telle rive n'est-il pas vrai qu'alors vous vîtes... (quelque chose d'incroyable et de prodigieux).

S'agiter une mer bruyante et montueuse ?

de sa barbe sauvage

Le fer n'avait jamais dépouiUé son visage.

... Je le connais. C'est l'âme d'un enfant.

Un cœur sensible et tendre et jusqu'à la faiblesse Mais un esprit de fer, mais un courage altier,

Œuvres Poétiques de André Chénier, t. II. 8

Que l'aspect de la mort ne peut faire plier ; Une volonté forte, intraitable, invincible, Une équité sauvage, indocile, inflexible.

Un coeur tendre et facile, une tête indomptable.

Dans les jeux ou ailleurs... on examine, le cou tendu, l'œil fixe, celui qui... et quand il est au plus difficile, on sue pour lui, on n'ose respirer, comme si on avait peur de le troubler de si loin ; et si quelqu'un tousse ou fait quelque bruit, on lui fait signe brusquement de se taire.

Lucain dans le panégyrique de Pison et Paterculus racontent que la colonie de Chalcis en Eubée venant fonder Cumes en Italie, sous la conduite d'Hippocle et de Mégasthène, fut conduite par une colombe.

Philostrate dit que les Muses, sous la forme d'abeilles, conduisirent en lonie une colonie d'Athéniens.

Dans l'hymne à Délos, Callimaque représente Mars et Iris sur des sommets de montagnes faisant trembler la terre et défendant de recevoir Latone. Ces images sont grandes et homériques. Tout ce qui se passera en Amérique et que je raconterai moi-même sera rempli de tableaux homériques, de ce ton-là. Les guerres et combats passés en Asie ou ailleurs seront racontés par des personnages et n'auront point de ces sortes de figures.

€ Et entre les mains des dames ne se voyait que morions et armets, auxquels elles attachaient des pennaches de diverses couleurs, sayes et cottes d'armes qu'elles enrichissaient d'ouvrages. » Plut. Philop.

Il faut peindre ce tableau-là et ne pas oublier quelqu'un de ces accidents intéressants, comme une belle armure brodée par quelque belle et bientôt enlevée à celui qui la porte et devenue la proie d'un ennemi.

Conveniens vîtes mors fuit isia sues. (Ovide.)

Et qui vécut ainsi devait ainsi mourir.

Il faut traduire le bel endroit de Jérémie sur le massacre de Rama. On peut mettre cela dans la bouche de Las CazcLS.

Chez les Anciens, des hommes attirés dans un palaia qui cachait un piège, reçus devant l'autel de Jupiter hospitalier, au moment où ils seraient attaqués dans la nuit, comme les gendres de Danaûs, s'élanceraient aux pieds de Jupiter hospitalier, pâles, défaits, et s'écrieraient : O Jupiter hospitalier !...

Quel feu, quel profond pathétique Eschyle ou Sophocle... Il faut tâcher de faire un morceau dans ce genre.

Il faut tâcher d'imiter quelque part les honneurs

funèbres rendus par le grand Germanicus aux légions massacrées sous Varus par les Germains, sous Arminius... et les affronts faits aux cadavres... et le rêve de Caecina.. et la nuit bruyante et les fêtes et les cris et les chants des barbares... et tous ces autres détails si divinement peints au premier livre des Annales... Je ne sais rien de plus épique nulle part.

Cette voix de Stentor qui se fait entendre par-dessus une armée (Homère, Iliade, v. 585...) il faut appliquei cela à quelqu'un.

Il faut mettre ceci dans la bouche du poète (qui n'esl pas moi).

Le poète divin, tout esprit, tout pensée,

Ne sent point dans un corps son âme embarrassée ;

Il va percer le ciel aux murailles d'azur ;

De la terre, des mers, le labyrinthe obscur.

Ses vers ont revêtu, prompts et légers protces,

Les formes tour à tour à ses yeux présentées.

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Les torrents, dans ses vers, du droit sommet des monts

Tonnent précipités en des gouffres profonds.

Là, des flancs sulfureux d'une ardente montagne.

Ses vers cherchent les cieux et brûlent les campagnes ;

Et là, dans la mêlée aux reflux meurtriers.

Leur clameur sanguinaire échauffe les guerriers.

Puis, d'une aile glacée assemblant les nuages.

Ils volent, troublent l'onde et soufflent les naufrages.

Et répètent au loin et les longs sifflements.

Et la tempête sombre aux noirs mugissements.

Et le feu des éclairs et les cris du tonnerre.

Puis, d'un œil doux et pur souriant à la terre.

Ils la couvrent de fleurs ; ils rassérènent l'air.

Le calme suit leurs pas et s'étend sur la mer.

La tempête en feu, ardente... cette côte infâme de naufrages.

Tous les vents à la fois assemblant les orages Sur sa faible nacelle ameutent les naufrages.

Gît le cadavre épars d'une ville...

Fait retentir la nue et les temples du ciel.

Donec fortunam pudeat criminis sui.

Phœdre, liv. II, épil.

Sans se plaindre du ciel qui l'opprime.

Attend que la fortune ait honte de son crime.

N'est-ce pas un tel que j'aperçois revenir du combat tout sanglant ?... Apportez-moi ma lyre, ôtez-la du clou qui la suspend à la colonne... que je chante...

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