‹ Œuvres poétiques de André ChénierChapitre 30 sur 88 · LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ

Dans le premier acte ô Af afo^) — le peuple — .Garrotté, lié, avec des liens qui s'appellent tailles, corvée, gabelle, etc.. des collecteurs venant le surprendre comme il mange jambon, boit du vin, etc.. toujours payant. Puis, des nobles, des ecclésiastiques se faisant mutuellement des politesses, se cédant des droits, qu'il paye toujours ; donnant sur lui, à leurs catins, des billets payables à vue ; et, lui, payant ; et les catins prenant son argent et le méprisant, etc.. (Scènes courtes et vives). Nobles et prêtres, etc.. lui disant : « Eh bien ! tu chantais, tu dansais toujours autrefois, et voulant s'amuser de ses gambades... — Non, je ne chante plus. » — S'en allant, lui disent l'un après l'autre à chaque plainte : — « C'est pour ton bien. — Quand ils sont partis : — C'est pour mon bien ! Ah ! et pour mon bien, garrotté ; et pour mon bien, ruiné ; et pour mon bien, etc.. Hé ! messieurs, si c'est mon bien que vous avez fait jusqu'ici, faites-moi donc de grâce un peu de mal. » Puis, des sages, des savants, avec un ou deux nobles, un ou deux prêtres, etc..

— Tu es le plus fort...

— Je n'en sais rien.

— Tu es le maître, tu as des droiti.

iEwvfM PoUiquês cU André Chdnier, t. II. It

— Je n'en sais rien.

— Essaye seulement...

Quand 'EXeu6£p(ta) — la liberté — est sortie de dessous les ruines de la caverne, un noble s'indigne qu'on veuille donner une aussi belle fille à ce manant.

La belle enfant, née en mon vasselage, J'ai, s'il te plaît, sur toi droit de jambage.

CHOEUR *Av8ptov (chœur des hommes).

• dompté.

La liberté

Fut, comme Hercule, en naissant invincible. Ses yeux ouverts d'un jour dictaient sa volonté, Et son vagissement était mâle et terrible.

De rampants messagers des Dieux Espéraient, l'attaquant dans ses forces premières. Étouffer en un jour son avenir fameux.

Ses enfantines mains, robustes, meurtrières,

Teignirent de sang venimeux Son berceau formidable et ses langes guerrières.

veaviwv (chœur des jeunes gens).

Viennent maintenant les ennemis.

Les poitrines des forts guerriers Sont les tours qui gardent les villes.

179 HÉATRE

Yuv. (chœur des femmes).

itapôév, (chœur des jeunes filles).

Le mauvais citoyen ne sera pas bien venu de nous... Pour lui point d'amour... point de mariage... Qu'il vive et qu'il meure seul...

Le lâche...

Qui veut être esclave lui-même,

Et mettre au jour des fils esclaves comme lui.

Mais c'est vous, jeunesse citoyenne, que récompense' ront les faveurs de ces vierge* citoyennes ;

C'est aux grandes actions patriotique!

D'animer leur joue D'une douce ckaleur d'amour ; C'est pour vous que dans leurs bras, dans leurs seins délicats,

La jeunesse, la santé nourrissent

Fleurs d'amour et fruits d'hyménëe.

àvôpwv.

Pour vous seuls de leurs lits S'ouvrira, se soulèvera la barrière... etc.

Votre retour verra ces fronts chastes et doux. Ces primeurs du jardin de la hère patrie. Comme une guirlande fleurie Briller en cercle autour de vous.

De vos fronts en sueur la poussière honorée

ŒUVRES POÉTIQUES DE ANDRÉ CHÊNIER iSo

S'essuyer sur leur belle main, Le sourire entr'ouvrir leur bouche désirée Et palpiter leur jeune sein.

e7t(j)8. (épode).

Salut, Déesse France, idole de nos âmes !

Verse tes saintes flammes ieux.

Sur ton front radieux Luit un noble avenir de gloire et d'opulence :

Salut, Déesse France, ieux.

Fin,

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