CONTRE LE SACRILEGE
'i^r^^ PRÉS les faux prélats, il faut (]ue je m' adresse Aux seigneur s de la France, à l'illustre Noblesse, 1 A ces cœurs belliqueux, à ces foudres de Mars, 'Quisuyventd' Ennyon les guerriers estendars, A ces Hectors français, Hercules, Alexandres, Ces Achilles, Césars, qui de guerriers esclandres Gardent la monarchie, et l'empire français Des efforts estrangers, et maintiennent nos rois. Conservent leur couronne en fidelles Eutimes, Et de nos fleurs de lys sont défenseurs intimes; Gens qui mériteraient des Homeres grégeois. Des Virgiles latins et des Ronsards français, Pour chanter leurs beaux faits, par doctes iliades, ^neides enflez, sublimes franciades.
Comme divins héros, dignes de tout honneur, S'ils n'alloient ternissant le lustre et la splendeur De leurs rares vertus par un crime notoire, Dont lapluspartd'entr'eux, trop effrontez, font gloire; Vice qui obscurcit leurs belles actions, Flestrit leur renommée et gaste leurs maisons, Fanist tous les lauriers et les guerrières palmes Qui honoraient le front de ces braves gensdarmes. Lesquels avoient acquis leur noblesse es combats, Que par ce vice infâme ils renversent à bas.
Ce qui m^a incité, sans redouter leur ire. De reprendre aigrement, par ceste aspre satyre, Tous ces meschans seigneurs dont les nobles ayeux, Ayans jadis fondé, comme gens fort pieux. Abbayes, prieur ez, hospitaux de franchise. Et donné de grands biens et rentes à l'Eglise, Comme vont tesmoignant plusieurs fondations, Q^ui marquent le sainct zèle et les affections Des pieux fondateurs, dont l'immortelle gloire Demeurera gravée au temple de Mémoire, Pour estre conservée à la postérité.
Malgré le cours du temps, et son antiquité.
Ces meschans au contraire ozent, par simonies, Vendre ou garder ces biens vers eux, comme Ananies : Car, ce traistre Ananie ayant vendu son champ, Il va porter l'argent d'iceluy, sur le champ, Aux pieds de sainct Pierre et des autres apostres ;
Mais à r argent offert ayant regret encores, Vers luy une partie à son dan il retient. Lors, de dire adjuré si c'estoit tout l'argent De la vente du champ, soudain ce nieschant jure Que c'estoit le total; mais pour ce grand parjure, Et pour avoir ozé mentir au sainct Esprit, Une subite mort à l'instant le surprit, Si bien que devant tous ce parjure rend l'ame. Fort peu de temps après meurt Saphira sa femme, Pour avoir, comme luy, juré tres-faulsement.
Par cet exemple on void quel malheur il advient A ceux dont les ayeux, ayant donné des rentes. Terres, possessions, à l'Eglise apparentes. Veulent comme Ananie, au leur ce bien réduit. En retenir vers eux la graisse et l'usufruit ; Tant ces gens ont regret au revenu fertille De l'Eglise, autrefois sorty de leur famille.
Nous voyons en effet la pluspart des patrons Si remplis d'avarice et de corruptions (lu'au lieu de présenter un docte personnage A la cure, ou ils ont le droict de patronnage, Ils sont les presentans et les bénéficier s; Pour jouir de leur cure, ils ont des estafiers. De bons custodinos, marmitons de collège, Desquels ils vont couvrans leur maudit sacrilège. S'ils ne peuvent trouver d'asseurez confidens, Lors ils vendent leur cure, en banquiers mercadens :
En présentant celuy qui a plus de finance, Qui n'en obtient pourtant l'entière jouyssance; Car le messer patron, pour ayder sa maison, Retient un prix d'argent ou quelque pension.
Voilà de nos patrons la ruze simonique. Et de nos grands seigneurs la commune pratique : Gens dont l'ambition n'a ny borne ny frain, Qui, pour entretenir la grandeur de leur train, Leurs pages et laquais, valets, chevaux, carosses, Se mettent à l'abry des mitres et des crosses, Poursuivent prieurez, prébendes, eveschez. Les biens spirituels sont par eux recherchez. Car, leur grande despense estant un vray abisme, Ces messieurs ont recours à la gerbe de disme. Au sang du crucifix, propre pour arrouser L'excez de leur despense et pour la renforser. Nourrir chiens et chevaux et leurs oy seaux de proye; Ainsi le bien d'Eglise est la butte et la proye De ces mignons de cour, barons, comtes, marquis, Qui bravent aux despends d'un bien tres-mal acquis Par usure, faveur, chicane ou simonie, Joiiissans faulsement, par telle villenie, Du bien de nos autels, destiné aux pasteurs, Non pour entretenir de tous ces piaffeurs L'excessive despence et leur grasse cuisine. Qui leur tourne à la fin en extrême ruine. Car bien souvent on void tels avares seigneurs,
Qui des biens de l'Eglise ont esté possesseurs, Misérables tomber en de grands précipices ; Après avoir joiiy de tant de bénéfices, Encourir du grand Dieu la malédiction, Et leur bien paternel presqu'en perdition, Joint à ce bien sacré, qui de l'aigle est la plume. Qui, aux autres meslée, aussi tost les consume ; Ainsi le bien d'Eglise, au profane conjoinct. Le ruine à la fin et le perd de tout poinct.
S'il faut que ce discours d'histoire j'authorise, Il faut considérer qu'en la loy de Moyse^ Nul ne mangeoit les pains de proposition Que les prestres sacrez, pleins de dévotion, Qui servaient à l'autel du divin sanctuaire. Non pour entretenir ou hausser l'ordinaire De ces nobles seigneurs, dont le superbe train Ne doit estre entretins aux despens de ce pain, Destiné seulement pour les sacrez lévites, Abbez, prestres, curez, esclatans en mérites.
Rendre ce bien d'Eglise, il est un peu fascheux A monsieur le patron, qui en est amoureux, Sa cuisine engraissant des biens du bénéfice. Jamais usurpateurs ne font pas d'escrevice; Dudepuisqu'il fautrendre, ilsont la goutte aux mains, Et à lascher leur prise ils sont tardifs et vains. Depuis qu'on a gousté de ce doux bien d'Eglise, H est si attrayant et plein de friandise
Qu'ort ne le peut quitter; son fruict est si très-doux, Si tres-delicieux, quon le préfère à tous. On le peut comparer au fruict des Lotophages : Tous ceux qui en goustoient désiraient pour ostages A jamais demeurer, sans retourner chez eux, Au terroir qui portait des fruicts si savoureux. La douceur de ce fruict leur estait si chérie Qu'ils mettaient en oubly leur plus chère patrie, Leurs parens bien-aymez, leurs femmes et enfans, Charmez par la douceur de ces lottes frians. Depuis qu'on a gousté des biens d'Eglise saincte, D'un désir d'en jouyr l'ame est si fart atteinte Qu'on ne se souvient plus si ces biens sont sacrez ; On a de sa douceur les sens si enyvrez Que, pour avoir tousjours de son fruict jouissance, On en oublie le ciel, le Heu de sa naissance^
Ainsi qu'on vit, au jour que Christ transfiguré Se monstra sur Thabar, un sainct Pierre, esclairé D'un céleste rayon, comblé d'une aise extrême, En extaze ravy et tout hors de luy-mesme, S'escrier : « Qu'il faict ban demeurer en ce lieu! Faisans y tabernacle, éternel Fils de Dieu ! » De mesme nos seigneurs, gentils-hommes layques, Esclairez des rayons saincts, ecclésiastiques. D'abbayes, prieurez, cures au eveschez : Leurs cœurs, d'extaze espris, y sont si attachez Qu'en ce ravissement leur ame toute esprise
S'escrie : « 0 iju'U fait bon jouyr des biens d'Eglise ! Ils viennent en dormant, sans peine ny labeurs; De tels contentemens ils ravissent nos cœurs Qu'on ne les peut laisser. » Tantcesbiens ils chérissent, Soit de force ou de gré, il faut qu'ils en jouyssent. Leur tabernacle y est; leurs femmes et enfans Au dôme episcopal sont très-tous demeurans, Ou dans la prieuré, abbaye ou presbitere. Des layques seigneurs la demeure ordinere, Leur manoir sieurial, où leurs pieds se tiendront, Et du bien de l'autel leur fief noble ils feront : Pernitieux abus, erreur tres-detestable, Engeance de malheurs, sacrilège exécrable !
Or je veux maintenant raporter par ces vers Les sinistres effets, les chastiments divers, Des layques seigneurs, desquels la meschante ame Sacrilège ose bien, d'une avarice infâme^ Mettre leur main prophane à l'arche du Seigneur Et du bien de l'Eglise user comme du leur. Afin que leur malheur serve aux autres d'exemple.
Baltazar, pour avoir prophane du sainct temple Tous les vaisseaux sacrez, void escrire une main Qui minutoit l'arrest du grand Dieu souverain. Contenant qu'il perdrait son royaume et sa vie. La sentence du Ciel de l'effet fut suyvie. Ce sacrilège roy fut la nuict mis à mort, Expiant le forfait et l'injure qu'à tort
// avait fait à Dieu, beuvant le suc des vignes Dans les vaisseaux sacrez, avec ses concubines.
Ce grand Jéroboam, monarque d'Israël, S'estant voulu mesler d'encenser à l'autel, D'establir des prélats pour offrir sacrifices, Indignes d'exercer de si divins offices, Pour n'avoir de Levi pris leur extraction, Suyvant la loy de Dieu, qui, pour punition. Le prive, mal-heureux, de vie et de royaume, Ne résistant non plus qu'un petit feu de chaume.
Joas, roy de Juda, sacrilège, ayant pris Tous les vaisseaux sacrez que Joran avoit mis Avec Ochosias dans la thresorerie Du temple du Seigneur, envoya en Syrie, Au prince syrien appelle Haza'él, Ces thresors consacrez au grand Dieu d'Israël; Mais, pour avoir commis ce sacrilège indigne. Il rcceut tost après le chastiment insigne. Ses propres serviteurs le vont assassinant. Ne pouvans plus souffrir qu'un prince si meschant Exerçast effronté tel crime en leur présence : Dieu donc voulut par eux punir son insolence.
De mesme ce grand roy Nabuchodonosor, Ayant pris les vaisseaux d'argent et de fin or Sacrez à l'Eternel dans son sainct tabernacle. Devient tout insensé, et, par un grand miracle. De roy il est changé en beste, sans nul soin^
Paissant, ainsi cju' un bœuf, l'herbe es champs et le foin,
Et, pour punition d'un crime si énorme.
Son corps couvert de poil semble un monstre diforme.
Ainsi Lysimachus indigne, ayant commis Sacrilèges divers, du peuple est à mort mis, Avec Menelaiis son conseiller damnable.
Lequel est massacré pour avoir, exécrable, Pillé les biens de Dieu à l'autel consacrez : Les mem.bres de son corps, par lambeaux déchirez, Sont consommez au feu, et ses os mis en cendre, Pour monstrer qu'il ne faut les biens d'Eglise prendre.
Raporteray-je icy l'exemple à tous appert Du sacrilège roy appelle Charibert, Auquel trés-malheureux son conseil fist entendre Qiie de force il devait usurper et reprendre Certaine place et lieu dont pour lors jodissoit V Eglise sainct Martin, que ce roy prétendait De luy appartenir? De sorte qu'il ar reste Posséder ce sainct lieu, nommé la Navirette, Et, pour exécuter sa resolution Et prendre de ce fonds pleine possession, Duquel par un long-temps avoit jouy l'Eglise, Il envoyé ses chevaux, sans aucune remise. Dans le logis du lieu, avec ses palfreniers. Pages, laquays, valets et autres estafiers. Pour panser ses chevaux rengez en l'escurie. Mais soudain ses coursiers tombent tous en furie ;
Ils n'eurent pas plusîost gousté d'un peu de foin Qu'ils rompent leurs licols et eschappent au loin ; Comme tous enragez^ ils courent es campaignes, Par bois, terres, costaux, rochers, prez et montaignes, Soufflans comme taureaux et sangliers furieux; Les uns perdent la vie, et les autres les yeux; Quelques-uns, exerçans si violentes lices. Se vont rompre le col au fonds des précipices ; Bref, la pluspart d'entr'eux meurent comme enragez. Les palfreniers, voyans leurs chevaux outragez, Morts, esgarez, perdus, aveugles, sans puissance, Reconnoissent du Ciel la divine vengeance Estre cheute sur eux, ayans iniquement Prophané ce sainct lieu, par le commandement Du roy leur souverain, de perverse nature ; Auquel ayant conté cette horrible adventure. Il s'endurcist le cœur, comme un Pharon meschant. (( Soit à droit, ou à tort, je seray joiiyssant, Leur dit-il, de ce lieu. » Mais une apoplexie, Luy trenche, avec ces mots, le filet de la vie. Précipitant son ame aux enfers ténébreux. Pour brusler à jamais dans ces brasiers affreux.
Tairay-je Seleucus, monarque de l'Asie, Qui, d'extrême avarice ayant l'ame saisie. Sur un rapport qu'il eut qu'un thresor précieux D'or, d'argent monnayé, et vaisseaux somptueux. Estait pour lois gardé au temple judaïque,
CONTRE LA NOBLESSE LAYQJJE. SJ
Dedans Jérusalem, cité fort authentique.
Sur cet advLs receu, il se resould alors
D'envoyer tout exprez enlever ces thres(frs,
Que desja par espoir cet avare dévore?
Il despesche à l'instant te grand Heliodore
Vers la saincte cité, pour ces thresors ravir
Et sa cupide faim de cet or assouvir.
Mais, aussi tost qu'il entre au sainct et sacré temple,
Un brave cavalier dans la nef il contemple,
Ayant d'un corselet le corps environné,
D'un or fin éclatant, tout autour rayonné
Comme un luysant soleil, ayant pour engraveure
Le foudre du grand Dieu au milieu de l'ar meure.
En la teste il avoit un casque estincelant
Comme un ardent cornette ou un astre brillant,
Son bras estait armé d'une effroyable targe.
Forte, masive, dure, en rondeur aussi large
Qu'est un soleil couchant, où du fils d'Aristor
Estaient gravez les yeux en des estoilles d'or.
Il branloit en sa main une flèche sanglante.
Bref, ce Mars tout divin au temple se présente
Monté sur un cheval escumeux, hanissant,
Qui cet Heliodore aux pieds va terrassant;
Si bien que ses soldats, archers et gens de guerre
S'enfuyerent, craintifs, voyans leur maistre à terre
Renversé soubs les pieds de ce cheval fougueux,
Lequel jettoit le feu des nazeaux et des yeux,
Ainsi qu'un fier lyon ou un tigre effroyable, Qjii tient dessous ses pieds un serpent détestable. Qui a veu quelquesfois un vaultour rapineux Ou un faulcon tenir soubs ses pieds espineux La caille ou la perdris, il void ce capitaine^ Cet Heliodorus, lequel souspire à peine; Terrassé soubs les pieds de ce cheval vengeur^ Il demeure pasmé, tant l'extrême frayeur Luy a saisi le cœur et l'esprit vital bousche. Son poil est hérissé, l'escume ceint sa bouche. Ses poulmons comprimez restent sans mouvement, Son poulx débilité ne bat que lentement, Ses yeux sont enfoncez, pasle devient sa face. Son cœur est en syncope et ses membres en glace, Sa voix n'a plus de voix, ses sens ne sentent pas, Son corps brisé de coups est proche du trespas ; On le met tout tremblant et perclus en litière, Ou il sent du grand Dieu le jugement severe, Pour avoir, trop hardy, voulu ravir les biens Du temple du Seigneur, qui sçait mille moyens Pour punir tels meschans et maudits sacrilèges, Rois, princes, potentats, qui tendent mille pièges Pour attraper les biens destinez à l'autel. En fin ce ravisseur, blessé d'un coup mortel, Fust mort, si Onias n'eust fait pour luy prière. Qui appaisa de Dieu la très-juste colère; Si bien qu'à sa faveur guerison il obtient.
Pour aller raconter au roy cet accident
Et la punition merveilleuse et estrange
Qu'il avoit encourue, ayant trouvé un ange,
Un guerrier chérubin, qui d'un glaive îrenchant
Tous ces thresors sacrez du temple allait gardant;
Ange, dis-je, monté sur un coursier de Naples,
Qui, l'ayant terrassé sous ses pieds formidables,
Battu et outragé en tant de lieux divers
Que son corps languissant fut long-temps à l'envers,
Sanspoulx, sans cœur, sans voix, sanspoulmons, sans haleine.
Aux abois de la mort, si la prière pleine
D'ardente affection du grand prestre Onias
Ne l'eust à demy mort retiré du trespas.
Qui monstre bien que Dieu déteste les layques
Qui les biens de l'Eglise usurpent comme iniques :
Notable instruction aux seigneurs qui, hautains,
A l'arche du Seigneur veulent mettre les mains;
Ainsi que fist Oza, indiscret téméraire,
Qui, pour avoir touché l'arche du sanctuaire,
La pensant redresser du chariot panchant.
Sentit la main de Dieu qui le va foudroyant.
Avant que de finir j'estalleray encore
Ce que va racontant le docte Nicephore
Du jeune Constantin, des Romains empereur.
Qui, bruslé d'avarice et aveuglé d'erreur.
Voulut impudemment jouyr des biens d'Eglise,
Vendant les dignitez et charges de prestrise
A qui plus en offrait et bailloit de deniers, Ayant mesme estably un bureau d'officiers Pour recevoir l'argent de si inique vente. Mais le grand Dieu du ciel, qui souvent patiente Avant que de punir l'infortuné pécheur, Ne pouvant plus souffrir qu'un tel maudit vendeur Exerçast en public un vice si horrible, Luy envoyé à l'instant une fièvre terrible. Dont l'ardente chaleur penetroit dans les os, De sorte qu'il n'avoit jour et nuict nul repos. Tous remèdes sont vains et rien son mal n'allège. Dieu donc, voulant punir ce prince sacrilège. Permet qu'en ses tourniens il meurt tout enragé. Ainsi d'un tel simon le péché fut vengé.
Bel exemple aux seigneurs, auxgrands, à lanoblesse, Qui au bien de l'Eglise effrontément s'adresse, Si bien que la pluspart de tous les courtisans Ne sont point en repos s'ils ne sont jouyssans De quelque bonne abbaye, evesché ou prébende. Vaquant, il faut au roy en faire la demande. Et la poste courir à la cour promptement, Pensans faire pour eux un grand advancement : Ils y trouvent plustost leur malheur et ruine. Car tost ou tard on void la vengeance divine Ne laisser point çà bas tels crimes impunis. Pleust à Dieu que de France ils fussent tous bannis. Et que les grands seigneurs, par ces vices damnables,
Ne se rendissent point des monstres effroyables,
De toute impieté trop hardis exerçans,
Soubs ombre de grandeur, sacrilèges meschans.
Aveuglez d'une horrible et damnable avarice!
Mais c'est assez parlé de l'exécrable vice
Du rapt des biens sacrez, commis par ces seigneurs.
Il est temps maintenant d'attaquer les autheurs,
Agens et nourrissons de si énormes crimes.
Sus, Caliope, il faut qu'en ce lieu tu ranimes
Et renflammes un peu tes divines fureurs
Contre les confidens sources de ces malheurs !