‹ Œuvres poétiques de Courval SonnetChapitre 4 sur 30 · X SONNET DE COURVAL · texte numérisé non relu

X SONNET DE COURVAL

Style, voire même de dépravation et d'obscénité. II est juste de dire que ces reproches ne sont pas tout à fait immérités, et que d'ailleurs le caractère des trois ecclésiastiques leur imposait spécialement le devoir de protester contre certains mots terriblement risqués, certaines expressions que la- langue latine admet sans sourciller, mais que Despréaux ne tolère point en français,

Si la pudeur des mots n'en adoucit l'image.

Par bonheur pour Sonnet de Courval, d'autres critiques l'ont examiné d'un œil moins prévenu, et, sans excuser ses intempérances de langage, ont aperçu en lui un honnête homme, sincèrement courroucé contre les mœurs éhontées de son temps, qui les montrait dans toute leur hideuse nudité pour les faire mieux haïr; qui, dans son indignation, ne ménageait rien, et, chose rare, ne nommait personne ; qui, malgré le développement oiseux, le prosaïsme et la négligence de sa poésie à peine rimée, toujours facile et naturel, n'était jamais ennuyeux, mais au contraire se faisait lire à force de verve entraînante et comique. Telle est à peu près l'opinion de MM. Viollet Le Duc, du Roure, de Beaurepaire, Baratte, etc.

Son premier ouvrage, celui qui a causé le plus de scandale, et par conséquent a obtenu le plus de succès, fut la Satire Ménippèe, ou Discours sur les poignantes traverses et incommodités du mariage, oîi les humeurs des femmes sont vivement représentées. Nous avons déjà apprécié rapidement ce livre, qui parut en 1608, à Paris,

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