LA SOURCE SOUS BOIS
LkA SOURCE SOUS BOIS
<A Ta ni ‘Baudry.
D ans le fond d’une tiède et paisible clairière Ouvrant dans la forêt obscure un soupirail,
Où l’herbe est de velours, où près de la bruyère, De son écrin l’iris égraine le corail ;
Où les rayons discrets, mêlés aux vapeurs chaudes, Effleurant le gazon touffu, le traversant,
Font de cette verdure intense du versant Un ruisselant tapis de sombres émeraudes Où le gai papillon s’égare quelquefois;
Tandis que doucement frissonne la ramure,
Que l’oiseau se recueille et fait taire sa voix, Adorable babil, une source murmure.
Au milieu, sur le sol plus humide et plus noir Un agreste bassin, comme un sombre miroir, Entouré de granit, de mousses et de lierre,
Reflète un bloc troué qui laisse couler l’eau Et se tache de brun comme un tronc de bouleau.
LES CHAMPS ET LA MER
Une fillette est là, son genou sur la pierre,
Se détachant d’un ton puissant sur le fond vert ; Et le jour affluant dans l’espace entr’ouvert, Autour de l’enfant glisse un doux trait de lumière D’où parait émaner comme un nimbe changeant. Laissant flotter son âme en une molle trêve Où l’idée apparaît et jamais ne s’achève,
Elle incline un front beau d’abandon négligent,
Et son regard perdu tout au fond de son rêve Suit le fil d’eau qui tombe en torsade d’argent.
Douarnene^, 1873.