TOUS EN CHŒUR
Petite Jeanne, il faut oser!
Et Jeanne se pencha palpitante et farouche,
Et le jour tressaillit au baiser de leur bouche...
JEANNE
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Dans l'éblouissement d’un transport inouï, Jeanne redresse alors son front épanoui Où monte une rougeur divine. Elle se lève,
Et le convalescent, souriant dans son rêve,
Ne se réveille point. Un ange trop zélé,
Trop fidèle gardien, sans doute, aura scellé Ses yeux d’un doigt jaloux, car ce céleste guide, Au ciel, n’a jamais vu, sous un jour plus limpide, Plus amoureusement, deux lèvres se poser Dans un plus angélique et plus chaste baiser;
Ni séraphin brûler d’une flamme plus pure.
Jeanne sent palpiter l’âme de la nature Mystérieusement dans son cœur agrandi :
Arbres, insectes, fleurs, beau soleil de midi,