‹ Œuvres poétiques de M.-C. de Buttet (volume 2)Chapitre 10 sur 46 · I. Œuvres poétiques, fol · texte numérisé non relu

I. Œuvres poétiques, fol

VllI NOTICE

Cette mystérieuse Amalthée devait être digne d'un tel peintre, car le poète revient sur cette beauté merveilleuse que nous voudrions pouvoir reconnaître parmi les tableaux de Janet qui nous restent.

Tu as ce crin à P/iebus derobbé,

Et ce beau teint aux joues de l'Aurore,

Et à Venus sa bdle bouche encore,

Et à son Jils cet arc/iclst courbé.

Ton œil divin des astres est tombé

Là oit Diane et se mire et s'honore... '.

Il est certain que Janet exécuta ce portrait, que lui demandait avec tant d'instance l'amoureux poète, qui le remercia ensuite avec transport:

O dieu Janet, que tu m'es admirable, Et grand témoin du haut povoir de Dieu, D'avoir compris, en un si peu de lieu, Ce dont le monde encores n'est capable!

Puisqu'à mes maux seul tu es secourable, Pour toi je sacre à la mémoire un vœu Qui ne craindra ni le fer ni le feu, Ni du temps prompt la course perdurable.

Mais qui t'a fait en ton art si cstrange ? Ni Raphaël ni le grand Miquel Lange Sauroit tracer si beau divin visage.

Car tu fais voir, en ce peu de peinture, Tout le povoir du Ciel et de Nature, Et de mes ans la perte et le dommage 3.

Marc-Claude de Buttet se plaignit amèrement de la cruauté de sa dame, qui n'étoit pourtant pas in-

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