L'Amalthée, édition de ibyb, p
NOTICE Vil
De quel bel or, qui pur tout autre éteint, Redora-il ces blonicleltes trines ?
De quel blanc lis sont ces deux mains divines, Qui ont mon cueur à leur souhait étreint, Et d'adorer m'ont doucement contraint Ce vif coral et ces perlcttes fines ?
Mais de quel lieu prit-il encor ce reste. Ce doux parler, ce doux chanter céleste, Par qui son trait des plus fiers est vainquetir ?
Ces grands beautés ne sont point de la terre, Ni ces beaux yeux, seuls ma paix et ma guerre : Tels biens du ciel me cheurent dans le cueur.
Marc-Claude de Buttet ne se contenta pas d'esquisser lui-même en vers le portrait de sa maîtresse ; il pria le peintre Janet de consacrer son pinceau à cet adorable modèle , en lui conseillant de ne pas trop le regarder de peur d'en devenir épris :
D'ore en avant tu seras nostre Apelle, Docte Janet, qui d'un pinceau savant En tes tableaux as Ja mis en avant Les hauts portraits que la Grèce nous celé.
Or, si tu veux que ta gloire immortelle Avec les ans ne s'en aille coulant, Peins, je te pri', le visage excellent De la beauté sus toutes beautés belle.
Pcins-la, sans plus à mon dam retarder ; Mais garde-toi de trop la regarder...
Ah! trop ingrat te seroit ton ouvrage!
Car, en voyant un doux regard si beau, Tu serois fait Pygmalion nouveau, Mourant en vain d'une si belle image i.