‹ Œuvres poétiques de M.-C. de Buttet (volume 2)Chapitre 12 sur 46 · X . NOTICE · texte numérisé non relu

X . NOTICE

ajouta aux épreuves qu'elle lui avait fait subir les souffrances d'une jalousie trop bien fondée. Elle ne se contentait pas d'avoir un petit chien et un perroquet qu'elle mangeait de caresses ; elle avait, de plus, un galant en titre, espèce de cyclope

Sot éborgné de cerveau et de teste,

mais riche et prodigue de ducats. Un tel rival devait l'emporter sur un poète qui, sans être bas percé, ne possédait pas d'autre fortune que sa légitime de cadet de famille. Marc-Claude de Buttet se vengea de ce rival et de sa complice en traçant ce vilain portrait d'après nature :

Or çà, Cyclope, en contemplant ton estre, Plus je te voi, plus je te treuve beau : Le Ciel te fit d'un bastiment nouveau.

Mais à grand tort il rompit ta fenestre.

Silène ainsi, sur l'asne maladextre,

S' allait penchant ; toi, gros comme un tonneau,

Tu vas levant ton enviné museau,

Et vois en l'air les arondelles naistre.

Ton luminaire est dans ton chef couvé ;

Tu as le groin tout de bave lavé;

Tu as trois nés, et n'as dent gui entame.

Quand tu discours, ta grand joue s'abbat, Ta peau hérisse un mostache de chat...

O l'Adonis, délices de Madame 2 /

Cette fois, Marc-Claude de Buttet était guéri de l'amour par le mépris que lui inspira son indigne

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