‹ Œuvres poétiques de M.-C. de Buttet (volume 2)Chapitre 13 sur 46 · NOTICE XI · texte numérisé non relu

NOTICE XI

maîtresse; il ne fut plus tenté de partager avec ce magot borgne les faveurs qu'il aurait pu acheter au même prix, et, après avoir prédit à cette belle intéressée une vieillesse d'abandon et de honte, il se tourna résolument vers un autre amour qui ne trompe personne et qui a de quoi satisfaire les plus ardentes aspirations , l'amour de Dieu. Il s'était, promis naguère de triompher des rigueurs de la dame de ses pensées; il se consola de ses déceptions en se promettant le paradis ^ Voici l'adieu qu'il fit à l'amour profane :

Amour, va-t'en ! par mes yeux plus ne saute Forcer mon cueur : tu as trop fait essai De renverser la constance que j'ai, Sus les vertus reconnue plus haute.

Helas! en vain ma jeunesse peu caiite.

Trop mal expert, soudain je te livrai, Suivant l'erreur et m'cloignant du vrai; Mais la raison or' me montre ma faute.

O sage temps, de toute chose maître!

Avec tes pas tu donnes à connaître A l'ignorant où habite le bien.

Heureux qui tout à la vertu s'épreuve:

Car à la Jin, tout bien cherché, je treuve Que ce qui plaît en ce monde n'est rien^.

Cet amour, calqué sur les amours de Tibulle, de Catulle et de Properce , devait, malgré son dénoûment , emprunté à quelque sermon de l'Église réformée de Genève, recommander le poète de Chambéry aux poètes de la Pléiade française, qui avaient

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