‹ Œuvres poétiques de M.-C. de Buttet (volume 2)Chapitre 18 sur 46 · NOTICE XIX · texte numérisé non relu

NOTICE XIX

Mon Des Autels, pour qui doux me serait l'exil Aux Scythes, aux Indois, aux sept gorges du Nil ^ .'

Tantôt il gérait sur la mort prématurée de Du Bellay, et il inscrit cette épitaphe sur la tombe de ce grand poète :

.Y^ cherche^ Du Bellay en cette sépulture :

^es neuf Muses vivant l'emportèrent aux cieuxi.

Tantôt il proclame Je triomphe des amours poétiques de Charles d'Espiney, qui ne se disposait pas encore à devenir évêque :

Lors Amour de son aile une plume arracha, Et, pour t'en faire don, lui-mesme la trancha : « D'Espinai, tiens, dit-il, ceci soit ta conqueste ! d Tu la pris, écrivant tes ennuis, de tes pleurs : Si bien qu'enfin la Dame œillada tes langueurs, Et Venus du beau myrte environna ta teste ^.

Ces pièces de vers, que Marc-Claude de Buttet distribuait si généreusement comme des brevets d'immortalité aux meilleurs poètes du temps , avaient certainement pour objet de lui gagner les suffrages et les sympathies de ceux qu'il admirait comme ses maîtres ou ses rivaux; mais il se fit oublier d'eux en quittant la France avant d'avoir pris rang, d'une manière dénnitive, dans la Pléiade, entre Ronsard et Dorât qui s'étaient engagés à lui servir de patrons. Voilà pourquoi Dorât et Ronsard sont à peu près les seuls qui lui aient conservé un sou-

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