XX NOTICE
venir dans leurs œuvres. Nous citerons aussi Jean de La Jessée et Jacques Pelletier, du Mans. Le premier, que Buttet n'a pourtant pas nommé dans ses vers, a composé ce distique en l'honneur du chantre d'Amalthée :
Pallas, Apollo, Venus, sophia, modulamine, flatnmis, Ingenium, os, pectus, roborat, implet, adit.
Le second, auquel Buttet décerna plus tard l'épithète de divin *, lui rendit en échange l'épithète de bien disant, dans le poème de la Savoy e, publié en 1572. Mais, à part ces exceptions, tous les poètes français qui connaissaient Buttet, et qui avaient applaudi à ses brillants débuts, semblent avoir voulu l'étQufFer dans la conspiration du silence.
Nous attribuons cette espèce de coalition contre Marc-Claude de Buttet à la tentative malheureuse qu'il avait faite, avec infiniment de talent néanmoins, pour appliquer à la poésie française le rythme et la mesure des vers grecs et latins. Cette tentative , si contraire au génie de la langue française, obtint d'abord du succès à cause de la difficulté vaincue, et le poëte savoisien fut salué comme le rénovateur de la poésie classique; mais la réaction eut lieu presque aussitôt, malgré les efforts de quelques faibles imitateurs qui s'étaient groupés autour de Buttet. Ce n'était pourtant pas le premier essai en ce genre : Jodelle, Nicolas Denisot et Estienne Pasquier avaient composé avant lui quelquesuns de ces vers, qu'ils nommaient rapportés ou mesurés, hendécasyllabes ou saphiques ^
2. Dictionnaire historique, par Prosper Marchand. T. II, p 80 et suiv.