‹ Œuvres poétiques de M.-C. de Buttet (volume 2)Chapitre 27 sur 46 · XXX NOTICE · texte numérisé non relu

XXX NOTICE

nouvellement par lui reveue, mise en son ordre et de la meilleure part augmentée. Louis de Richevaux raconte, dans sa préface, datée du lo septembre 1574, que, se trouvant à Lyon et prenant le frais sous les treilles avec une troupe de belles et honorables demoiselles, il les entendit chanter des vers d'amour en s'accompagnant de divers instruments. Ces vers étaient si beaux et si touchants qu'il demanda tout ému s'ils étaient de Ronsard ou de Du Bellay: « Vous estes, lui dit une des chanteuses, comme ceux qui mangent les fruits estrangers et ne reconnoissent ceux qui leur sont plus familiers, encores qu'ils soient bons : ce sont des vers de VAmalthée. » Là-dessus, on apporta le livre S que Louis de Richevaux voulut lire tout entier. Cette lecture l'enchanta d'autant plus qu'il connaissait l'auteur sans connaître son chef-d'œuvre. « A mon retour, dit il, comme j'estois contreint de séjourner à la plus véhémente chaleur du jour, pour rendre mon voiags plus agréable , estant retiré au logis, je ne prenois autre plaisir qu'à le lire, et ne me puis assez émerveiller de son autheur, qui en tennit si peu compte (encores qu'il eust trouvé faveur) qu'il ne le \ouloit voir que par contreinte , tant pour estre des premiers traits de son adolescence que pour se repentir, ce croi-je, d'avoir écrit d'amour.» Louis de Richevaux eut beaucoup à faire pour vaincre la répugnance du poète et pour le déci-

i. il est probable que c'était l'e'dition de Paris, i56o, que nous n'avons pas vue, mais dont l'existence nous semble incontestable. Quant à l'édition de Lyon, \b-j2, citée par la Biographie universelle de IMiciiaud, nous doutons fort qu'elle ait existé.

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