‹ Œuvres poétiques de M.-C. de Buttet (volume 2)Chapitre 33 sur 46 · XXXVI NOTICE · texte numérisé non relu

XXXVI NOTICE

testante le mépris qu'il semblait faire de ses œuvres profanes.

Le temps était loin où Remy Belleau , dans son commentaire du second livre des Amours de Ronsard, en i56j, accordait ce souvenir flatteur à Marc- Claude de Buttet , éloigné de la France pour toujours : « Outre la parfaite connoissance qu'il a de la poésie (de laquelle il a le premier illustré son pays), il est merveilleusement bien versé aux sciences de philosophie. » Le nom de ce savant poète n'avait plus d'écho, du moins hors de la Savoie, et on ne le trouve pas même cité une seule fois dans les ouvrages qui traitent de la littérature du XVI^ siècle, avant que l'abbé Goujet lui eût donné place dans sa Bibliothèque françoise, où l'auteur d'Amalthée n'est pas apprécié comme il le mérite.

Marc-Claude de Buttet est incontestablement un des poètes les plus remarquables de son temps; il se distingue par la pensée, par l'expression et par le rythme, quand il ne se perd pas dans ses déplorables imitations du grec, du latin et de l'italien; il égale souvent Du Bellay et Ronsard; il a du sentiment, de la passion, au milieu des images les plus bizarres, avec les couleurs les plus fausses, malgré l'enflure, le mauvais goût, l'abus des métaphores, des néologismes et des jeux de mots; il comprend, il sait peindre la nature; il parle souvent le langage du cœur; il évoque au besoin toutes les nobles inspirations de la poésie; il atteint parfois le plus haut degré de la forme. Viollet Le Duc, dans sa Bibliothèque poétique S l'a donc jugé sous l'influence d'une

Page 1