IV SUR M. CAMPENON
L'illiistrc auteur des Etudes de la Nature re-
Le besoin de la bienfaisance A ton coHir se faisait sentir; Et quand tu peignais l'innocence, Ton front n'avait point à rougir.
Repose en paix , ma Virginie ! etc.
Partout ton image tracée S'offre à mes tendres souvenirs ; Ton nom, présent à ma pensée, S'écbappe à travers mes soupirs.
L'horreur de la nuit la plus noire Seule convient à ma douleur.
Il faudrait perdre la mémoire, Quand on a perdu le bonheur!
Repose en paix, ma Virginie! etc.
Cruel départ ! fatal voyage ! La mort t'attendait au retour.
Pourquoi, dans le même naufrage, Paul n'a-t-il pas perdu le jour!
Ma sœur, ma compagne chérie, Pouvais-tu vivre loin de moi ?
O Virginie! ô Virginie !
Je suis plus à plaindre que toi.
Repose en paix , ma Virginie ! etc.
C'est là , sur cet affreux rivage , Que j'achèverai de mourir; L'écho de ce rocher sauvage Redira mon dernier soupir.
Je veux pleurer toute ma vie Le jour qui put nous séparer ; Mais, console-toi, mon amie; Paul n'a plus long-temps à pleurer.
Repose en paix , ma Virginie ! etc.
ET SES OUVRAGES. v
connut un poète dans les stances touchantes qu'il avait inspirées, et malgré la diflerencedes âges, il s'établit entre M. de Saint-Pierre et M. Campenon une correspondance pleine d'un bienveillant intérêt d'un côté , et , de l'autre , d'un respectueux dévouement. Les conseils, les éloges, les critiques même d'un pareil ami, tout devint pour le jeune poète un puissant encouragement ; et ce fut aux leçons de Bernardin de Saint-Pierre , plus encore qu'aux exemples de Delille, qu'il dut ce talent gracieux, ce goût parfait qu'on remarque dans ses ouvrages. Doué , comme son maître , d'une douce sensibilité , il aimait comme lui les beautés de la nature, et comme lui il trouva dans son âme le secret de les peindre avec autant de charme que de vérité.
La révolution éclata. La famille de M. Campenon appartenait à l'opinion royaliste, et ses sentiments personnels, d'accord avec les traditions de sa famille, le rangèrent parmi les écrivains qui pensaient que le ridicule suffira it pour faire justice de la démagogie. Un journal aussi gai que spirituel, intitulé \e Petit Gantier, faisait bonne guerre alors aux révolutionnaires, etlesarticles en vers eten prosedeM. Campenon