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Oeuvres poétiques

monts et de pénibles recherches d'expressions. Quelques beaux traits cependant méritent d'être

signalés :

Et celui qui, chétif, aux misères succombe, Sans vouloir autre bien que celui de la tombe, N'ayant qu'un jour à vivre, il ne peut l'achever!

Et parlant des martyrs, il les montre accueillis dans le ciel par toute la cour du paradis :

Voyant Dieu devant eux en ses bras les attendre, Et pour leur faire honneur les Anges se lever!

On pouvait enfin deviner déjà, à quelques passages d'un tour puissant et vigoureux, l'auteur des grandes odes qui sont nos premiers modèles de haute poésie.

En 15j9, Malherbe adresse à Du Périer ces stances célèbres : « Ta douleur, Du Périer, sera donc éternelle, etc. » Il avait alors quarantequatre ans. Peu de temps après, vers 1605, Henri IV le fait venir à Paris, se l'attache par une pension, et le gentilhomme normand commence aussitôt sa double tâche de réformateur et de poète. 11 s'attaque à l'école de Ronsard, fait la guerre à 1 abus de l'érudition et aux pastiches de l'antiquité, proscrit les patois, se vantant d'à voit dégasconné la cour de Henri IV. 11 devien le réparateur de la langue et il impose à la versification une discipline nouvelle et plus sévère,

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iv PRÉFACE.

Puis parlant de Henri IV :

Il n'a point son espoir au nombre des armées. Étant bien assuré que ces vaines famées N'ajoutent que de l'ombre à nos obscurités : L"aide qu'il veut avoir, c'est que tu le conseilles; Si tu le fais, Seigneur, il fera des merveilles, Et vaincra nos souhaits par nos prospérités. • •<••....«•.«••• La terreur de son nom rendra nos villes fortes, On n'en gardera plus ni les murs, ni les portes, Les veilles cesseront au sommet de nos tours; Le fer, mieux employé, cultivera la terre, Et le peuple qui tremble aux frayeurs de la guerre, Si ce n'est pour danser, n'orra1 plus de tambours.

La France n'avait pas encore entendu de vers si

pleins, si graves et si achevés. On peut signaler

encore l'ode sur l'heureux succès du voyage de

Sedan :

Enfin après les tempêtes, etc.,

que Malherbe lui-même estimait la meilleure de toutes; et celle sur l'attentat du 19 décembre 1605 :

Que direz-vous, races futures, etc.,

qui éveilla, dit-on, le génie de La Fontaine.,

Toutes ses pièces, à partir de cette époque, ont, du reste, une valeur à peu près égale. Son œuvre finale, son chant suprême, est cette ode prophétique sur la prochaine reddition de la Rochelle :

Donc un nouveau labeur à tes armes s'apprête; Prends ta foudre, Louis! etc.

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