‹ Œuvres poétiquesChapitre 107 sur 145 · I. | ne voit rien qui mem · texte numérisé non relu

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3f HUVRES POÉTIQUES DE MALHERBE,

Et les lois qui n'exceptent rien De leur glaive et de leur balance, Font tout perdre à la violence Qui veut avoir plus que le sien.

Nos champs même ont leur abondance, Hors de l'outrage des voleurs; Les festins, les jeux, et la danse En bannissent toutes douleurs.

Rien n'y gémit, rien n'y soupire; Chaque Amarille a son Tityre, Et sous l'épaisseur des rameaux, Il n'est place où l'ombre soit bonne, Qui soir et matin ne résonne Ou de voix, ou de chalumeaux.

Puis quand ces deux grands hyménées.

Dont le fatal embrassement Doit aplanir les Pyrénées, Auront leur accomplissement, Devons-nous douter qu'on ne voie, • Pour accompagner cette joie, L'encens germer en nos buissons, La myrrhe couler en nos rues, Et sans l'usage des charrues, Nos plaines jaunir de moissons?

Quelle moins hautaine espérance

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De ce grand chef-d'œuvre de gloire,

L'incrédule postérité

Rejettera son témoignage,

S'il ne la dépeint belle, et sage,

Au deçà de la vérité.

Grand Henri, grand foudre de guerre,

Que cependant que parmi nous

Ta valeur étonnoit la terre,

Les Destins firent son époux;

Roi dont la mémoire est sans blâme,

Que dis-tu de cette belle âme,

Quand tu la vois si dignement

Adoucir toutes nos absinthes,

Et se tirer des labyrinthes

Où la met ton éloignement?

Que dis-tu lors que tu remarques Après ses pas ton héritier, De la sagesse des monarques Monter le pénible sentier?

Et pour étendre sa couronne, Croître comme un faon de lionne 7 Que s'il peut un jour égaler Sa force avecque sa furie, Les Nomades n'ont bergerie Qu'il ne suffise à désoler.

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