‹ Œuvres poétiquesChapitre 118 sur 145 · LETTRES · texte numérisé non relu

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d'un corps auquel ils n'ont pas sitôt baillé une chose qu'il leur en demande une autre, et tantôt inquiétés de la foiblesse d'un esprit qui tous les jours les met en peine de se délivrer par un second vœu de ce qu'ils ont obtenu par le premier? Prévenez, s'il est possible, ces généreuses pensées. Commencez à parler du monde comme vous en parlerez quand vous en serez sortie. Rcconnoissez-lc pour un lieu où, jusqu'à ce que vous ayez tout perdu, vous perdrez tous les jours quelque chose; et de ces méditations faites un préjugé à votre belle âme, qu'ayant eu son origine du ciel, elle est de celles qui auront quelque jour la grâce d'y retourner. Il y a environ deux ans que, faisant office de bonne parente au roi et à la reine d'Angleterre, vous les consolâtes de la mort du prince de Galles, avec une lettre où je puis dire avoir vu des conceptions et des paroles que je ne vis jamais ailleurs. Tournez aujourd'hui vos armes contre vous-même, et vous commandez en la mort d'un frère ce que vous avez exigé d'un père et d'une mère en la perte d'un fils. Toute la France a les yeux tournés sur vous, pour y voir le combat d'une douleur infiniment sensible et d'un courage extrêmement relevé. Les vœux des spectateurs sont différents comme sont leurs passions. Soyez du côté de ceux qui vous désirent la victoire. Ce que notre infortune a de plus cuisant, c'est la oie qu'en reçoivent nos ennemis. Les vôtres ont eu le plaisir de voir chanceler votre constance; faites qu'ils aient le déplaisir de la voir demeurer debout. Enfin, madame, si vous ne voulez avoir soin de vous-même, ne privez pas madame votre mère de ce que vous lui devez. Tant que vos larmt-s couleront, il est impossible que les siennes s'arrêtent. Vous n'ignorez pas qu'à prendre les choses comme la nature les a rangées, son affection n'aille devant la vôtre. Donnez-lui l'exemple de se résoudre. Toute la cour, qui adore sa bonté, vous en supplie par ma bouche, et vous supplie aussi de vous souvenir qu'étant votre compagnie et la sienne la plus agréable relâche que prenne la reine en cette infinité de travaux dont nous la persécutons, il est à craindre que, si vous continuez en l'état où vous êtes, elle n'en

LETTRES CHOISI! SDI M ILBI I

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Liions tout pour son servi* < soi-même pour notre salut. J \ \

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