XXIX* SUR LA MORT DE SON FILS
Que mon fils ait perdu sa dépouille mortelle, Ce fils qui fut si brave, et que j'aimais si fort; Je ne l'impute point à l'injure du sort, Puisque finir, à l'homme est chose naturelle.
Mais que de deux marauds la surprise infidèle Ait terminé ses jours d'une tragique mort, En cela ma douleur n'a point de réconfort, Et tous mes sentiments sont d'accord avec elle.
1. Laurent-Marc-Antoine de Malherbe, fils unique du poëte, fut d'abori un enfant prodige, puis un fieffé mauvais sujet et un bretteur achevé Condamné à mort en 1624, à la suite d'un de ses duels, dans lequel i avait tué son adversaire, il fut sauvé par les démarches de son père, qu remua ciel et terre pour le tirer de ce mauvais pas. Il en fut quitte pou quinze cents livres de dommages-intérêts. Ses lettres de grâce étaien entérinées depuis cinq mois, lorsqu'il fut tué lui-même dans une querelle le 13 juillet 1627. Malherbe cria à l'assassinat, traita les meurtriers d juifs, et les poursuivit ardemment. Mais les meurtriers suivirent l'exempl de Malherbe : d'abord condamnés à mort, ils plaidèrent, gagnèrent di temps, et finirent par en être quittes à leur tour pour quelques centaine de livres.