‹ Œuvres poétiquesChapitre 45 sur 54 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

NOTES

NOTES

Ods h le yeux chanter le fier Atride.

J'sTOis loin d'être satisfiiit de la traduction de cette ode» telle que Toflroient mes -premières ëdi*

(i) Ces notes ne sont iîâles qne dans l'intention de présenter

quelques éclaircissements qne j'ai crus propres à expliquer ou à justifier la marche de ma traduction. U ne m'eût pas été difficile de leur donner beaucoup plus d'étendue en les emichissant des meilleures remarques qu'anroient pum'offrir les commentateurs d'Anacréon, eu y £dsant entrer les imitations * que les poStes anciens et modernes ont pn faire de ce grand modèle ; mais ce qui seroit peut-être digne d'éloges dans une édition nouvelle d'un auteur grec , paro&txoit trés*déplsicé à la snito d'un triTait tel qoe le mien,

^ mTES

tions^ çty faisant observer alors que cëtoit la seule pièce d*Anacrëon où le retour da même mot , plusieurs fois répété à la rime , fi^t nécessaire pour en bien exprimer le caractère (i), jexpliquois ainsi pourquoi je Tavois divisée en stances» et je cherdiois à excuser le yague et la foiblesse de quelques expressions par la contrainte où m'ayoit Jeté, dès le commencement, celte tyrannie d'une rime dont le retour étoit en quelque sorte obligé. Dans cette nouvelle édition , j'ai tenté d efiFacer ces taches et de me roidir contre les difficultés : ma tradnclioa n'a plut le même rhythme ; je croh qu'elle prétente plus de nuances et de délicatesse dans les détails» et, en tout, qu'elle est préférable maintenai\^ à ce qu'elle étoit d'abord.

Cadmus et la TÎUe aux sept tours»]

- Je n'avsis pas osé hasarder dans mes prem^es

éditions cette épithète si heureuse et si caractérisa

^ (i) Quelques attties pièces offirent pereillemeiit des Tofirdbu | mais c'est toujours au coxamencemeAt et à la ân qu'ils août placés.

DU TRAPUGTSUR. 369

tique de la ville de .Thèbet , quoiqu'elle ^ fht p;ré«eatée plus d'une fois à ma pensée , maia aucun exemple ne sembloit Tautoriser (i)^ et je trouvai» partgut dans écrivains de l'antiquité, Tbèbes aux fêpt por$ç4 » et non. Thèbes aux ^ept Umr$» Enfin Euripide me Ta fournie dans dQU^ passages de ses Phéniciennes} an vers 168 :

cl plûs expressément encore au vers 766 :

Mais , héitLê 3 la lyre parfidtt s.

Rediaoit encor les Âmonrs. *

Je ne iai« si /oe tour HmA bien la force du verbe

(i) Les premières éditious portent :

0*«il piincjpiikiawiil «n sojal do ce vers que m pUignoU

de la gène extrême où m*avoit mis la n^cwlttf de il^ter plusieurs fois la même rime.

^ NOTES

èflî^û ; mais il n'y a point dans la. langue

française de mot qui puisse servir d'équivalent à celtti-ci. Remi Bellcâaa été moins embarrassé dans son langage gothique^ où il a trouvé, peut-être même inventé une expression qui traduit le grec littéralement :

Mais toujours elle fredonne L'Amour qu'elle coninwnne^

Ode II.

Des mains de la eege Nstoxe^ ete»

Voici une de ces pièces dans lesquelles il faut

désespérer de conserver à la fois ^ en traduisant , rélégance et l'extrême précision du texte grec Notre langue repousse absolument une énumération aussi sèche que celle qu*a faite Anacréon ; et c'est une nécessité pour le traducteur de se montrer idun peu infidèle à son auteur , 8*il ne veut se rendre tout-à-fait indigne de lui*

J>U TBADUCTEUB. 369

Odjs III.

y m la nilien d'une nuit érageoae , «te

Cette ode , quî jouit justement d^une très-grande célébrité, est devenue plus célèbre encore parmi nous par Timitation qu'en a faite l'inimitable La Fontaine* Quoique cette imitation soit connue à peu près de tout le monde y je né puis résister au plaisir de la rapporter ici ; et il n'est sans doute aucun de mes lecteurs qui ne me sache gré de lui ' procurer roceasion de la relire.

TéUh eovèlié monemeat ; Et , contre mon ordinaira»

Je diinnob tranfiiilIaiMnt , Quand un enfant s*en vînt &îxe A ma porte ^nel^ae bruit, n pleitYoît fort cette mût :

Le yent , le £roid et l'orage Contre Tenfantfaiaoient ragOi Ounei, dit-il» }e suis mu

NOTES

Moi , charitable et bon homme ,

J'ouvre au pauvre morfondu.

Ht m'enquiers comme il se nomme.

Je te le dirai £pQ!Uôt ,

Repartit-il ; car il faut

Qu'auparavant je m'essuie.

J'allume aussitôt du fea.

Il regarde si la pluie

N'a point gâté quelque peu

Un arc dont je me méfie.

Je m'approche toutefois t

El: de l'enfant prends les doigts ,

Les réchauffe ; et dans moi-mèmo

Je dis : Pourquoi craindre tant 7

Que peut-il 7 c'est un enfant ;

Ma couardise est extrême

D'avoir eu le moindrç çffroi,

Que scroit-ce , si chez moi

J'avois reçu Polyphêmo?

L'enfant , d'un air enjoué ,

Ayant un peu secoué

Les pièces de son armure

Et sa blonde chevelure ,

Prend un trait , un t^ait vainqueur ,

Qu'il me lance an fond du cœm-,

Et de TAmonr : c'est mon nom.

Ah J je TOUS copiiola , lui dU-jq , Ingntflt cmel garçon* Faut- il que qui vous oblige Soit traité de la façon ?

Amour fit nna gimlMde s SSt le petit scélérat Me dit : Fanm camarade , Mon m «ilm bon é^U Mais ton ç«i|f Mt bi^ iMl^âe.

Cette imitation estû charmante > quelle iÉ6té à Poinaiiiet de 8ivry le ooi^rage de traduire la pièce d'Anacrëon ^ et ) avovie que l'ayant relue , au moment o& j*alloia eommencer ee tnivail , peu iea est fallu que la plume ne me soit auasi tomb^ des malB8« Cependant f ai réfléchi qa'il ne t^agiqloit point ici d^ lutter follement contre La fontaine, mais de donner une tradootioni la plus exacte possible ^ d'un poète dont il n'a pris les jnTentions que pour se les approprier, en y ajoutant des grâces nouvelles , en leur donnant un ca-

aja NOTES

ractère tout différent , dans lequel il y a sans doute plus deûnesse , mais peut-être aussi moins de naï- ▼eté. Quelque médiocre que soit ma traduction , je m'estimerai iieureux» si elle peut docner quelque idée de cette simplicité antique, dont le poète français s'est écacté à dessein» et dont un traducteur d'Anacréon doit chercher sans cesse à se rapprocher, »

ïorsqno déjà s'incline lentement ' De Calisto rétoîlo plaTiense.

Wi traduisant le grec mot à mot, on trouve:

Lorsque V ourse tourne déjà sous la main, dùBoS' tès. Je n*ai pas besoin de dire combien des détails astronomiques aussi smguliers eussent été désa^' gréables dans notre langue* Il falloit, pour n*en point choquer la délicatesse , choisir un des traits 'les plus remarquables de cette description : c'est ce que j*ai essayé de (aire.

Ode m Va, dtt^ily tu ne peux aimer.

Ce dernier yers de Tode est susceptible de recevoir un autre sens , et ce sens chaugeroit absolument celai de la pièce entière* Je suppose que TAmour^ après avoir éprouve les forces d'Anacréon , le jnge trop foible pour supporter toutes les peines et tous les tourmens que Ton éprouve quand pn aime ; et ces mots , nyài^w Iwif fixtiirw, se traduisent en elTet très-bien par ceux-ci : Tu ne peux, ou tu ne pourrais jamais aimer. Mais cette phrase , considérée d'une autre manière , pourroifc eiprimer un reproche ; et le mot à mot , tu ne peux pas aimer y signifie peut-être, comme Ta entendu madame Dacier , tu as bien de la peine à aimer, ou autrement > pourquoi ne veux -tu pas amer? Alors la course que l'Amour auroit forcé Ânacréon de faire , les dangers auxquels il Tauroit exposé , seroient une punition de sa résistance à ses lois. J*d suivi le premier sens , qui m*a paru le

=»74 NOTES

plus naturel ; ce dernier est peut-être plus piquant et plus ingénieux.

Et se moquant de ma foiblesse."

Ce vers de transition , que j'ai cru nécessaire pour éclaircir la pensée du poète , n'est point dam le texte grec.

Ode Vlir.

Jo voudroi» . dans le trouble où sont plongés mes sens. Pour y rdvor encor, refermer ma paupière.

Je n'ai point compris non plus le dernier vei-s de cette pièce comme les traducteurs qui m'ont précédé. MadameDacier le traduit ainsi: Je ne trvui'ai point de meilleure consolation que de vie remettre à dormir. Je ne ferai aucune réflexion sur la platitude d'une semblable prose; et me bornant i en examiner le sens , il me semble que cette dame na point senti toute la finesse de la pensée d'Anacréon. L'imparfait ïflao,, auquel l'adverbe w^u.. donne encore une nouvelle force , porte bien ccr-

tainemeut avec lui Tidée d' an désir : or^ si le poète, charmé du songe délicieux qui vient d*enivrcr ses sens, désolé d'un réveil qui a fait évanouir tout son bonheur , dit que y resté seul , U désiroit se rendormir encore , il est hors de doute que cëtoit pour tâcher de retrouver les objets qu'il avoit perdus. Il n'est personne qui n*ait éprouvé quelquefois cette sensation au sortir d'un réve agréable ^ et si Ton conçoit autrement la pensée d'Anacréon, die n'a plus ni grâce ni délicatene.

OdsIX.

D'où viens-ta , colombe diarmantey etc.

Cette ode 9 mille fois traduite et mille fois gàtce par les traducteurs , a conservé quelques-unes de SCS grâces dans la vieille traduction de Kcmj Belleau. On a plusieurs fois cité le passage suivant :

Que me yandroit désormais De voler par les montaignes ^ f Par les bois , par les campagnes }

JNOTES

Et lut eeaae me brancher

Sur les arbres , pour chercher Je ne mu fuoi de chompestre Pour sanTagement me paiftre?

Veu ^ue je mange da paia Becqnetft dedans la main D'Anacréon , qui me donne Du mesme vin qu'il ordonne ponr aa houche t et i|uaBd j'ai ben.

Et mîgnonnement repen , Svr aa tète je sautelle»

Pttiadernneetderantra aOe Je le couvre , et sur les bora De sa Ijre je m'endors»

Odk X.

On venoit de mettre en vente

Le plus joU des Amours , etc.

On pense assez généralement que cette pièce n'est point d^Anacréon. En effet , la conception en est bizarre, et le jeu de mots froid et puéril qui la termine semble peu digne d*un poète dont le na-

turel et la simplicité sont les qualités les plus remarquables.

Odb XII.

Inportime hirondelle.

La traduction de cette ode a été presque entièrement refaite dans cette édition. Je crois qu'elle offre maintenant plus de vivacité , plus de précision ; et que le mouyement égal et rapide de ces vers de six syllabes exprime mieux l'espèce de dépit dont le poëte est animé.

Ode XVII.

Foar moi» Yulcaio , %ue sous ta main savante , etc.

« Aulugelle rapporte cette ode entière dans le * chapitre IX du livre XIX > où il dit qu elle fut chantée et jouée sur des instrumens pendant un repas où il étoit. » ( Madame Dacisr. )

NOTES

La coupe faite^ autonr oe graveras

Ni les GfoManz , m TOrion funeste , etc*

Parmi les astres dont parle Anacréon , il n est question ni des Gémeaux ni de Sirius. Je les ai ajoutés, parce qu'il m'a semblé qu'une énumérationplus nombreuse auroit en français plusde grâce.

Obb XVIII.

Grand artiste , je yeux ime coupe élégante, etc.

Branck pense que cette ode , faite à Vimifation de celle qui la précède , est faussement attribuée à Anacréon ; il en dit autant de la cinquième , et j avois d*abord combattu ce sentiment. Mieux instruit maintenant , je suis persuadé que ce savant critique a raison.

Ode XX.

Non loin des champs d'Hion» etc.

Celte ode charmante a fourni le sujet d*une cban*

Oigitized by

Bon française que tout le monde antrefoiè savoit par cœur, et que beaucoup de personnes n'ont point encore oubliée*

Que ne suis-je la fougère

Où y sur le soir d'an beaa jour.

Se repoie ma bergtie

Sous la garde de T Amour I ■

Que ne saû-je h» Zéphire Qui careMe ses appas ;

L^air que sa bouche respire ; La fleur qui nait s<ms ses pas !

Que ne snis-je l'onfle pnre

Qui la reçoit dans son sein t Que ne siiis-|e la parure Qn'eJle met sortant du bain l

Que na sois-la cetta glace.

Où SCS charmes répétés Offirentàl'iail nne Grâce Qui sonrit k «es beankte I

NOTES

Qae ne suia-je It &nfette

Qu'avec plaisir elle instruit i ^ Et qui «ant cetae répète Baises^ baûez, jour et nait.

L*auteur de cette chanson se contente ici d^imi-

ter le poète grec , ce ^ ui est plus facile que de le traduire. Il- ii*ofire en effet nulle part des images plus gracieuses avec une précision aussi désespérante î et)*aToae que, pour n'être pas trop au-dessous de mon modèle , je Tai plutôt paraphrasé que traduit.

Remy Belleau , écrivant dans un temps où la langue française , à peine formée , n'imposoit aux poètes que des lois très-faciles et des entraves trèslégères , n'a point été effrayé de ces difficultés f et voici comment il a trouvé le moyen d*étre aussi précis que son auteur :

Or qae pleuat aux dieux que Je futse

Ton mirouër , a£a ^ue je pousse , Te mirant dedans moi , te voir ; Ou robe^ eSn que me portasses;

DU TKADUCTEUR. a8i

Ou l'onde en qni tu le lavasses, Pour mieox tes beauUt concevoir; On le parfam et la civette , Pour emmusquer ta peau douillette -, Ou le Toile de ton tetîn ; Ou de ton col la perle fine ' Qui pend sur ta blanche poitiûnc; On bien , maiatresae » ton patin I

Odb XXL

Dana ma coupe , à grandi flots , femmes , Tarses da TÎn > tic.

Le texte de cette pièce est irisiblement altéré , et Ton peut la considérer comme la plus obscure de toutes celles qai nous sont restées d'Anacrcon. Cependant la correction heureuse que Brunck a faite aux deux derniers vers , et la forme iatcirogative qu il leur a donnée , |ettent un grand jour sûr le sens général de Iode. Pour le rendre plus clair encore > et en quelque sorte complet , )*ai cru pou* 'voir me permettre d'y ajouter le huitième et le neuvième yers :

Dans cette ardeur qui le consume ,

Ce noctax ot cos fleurs peuvent lo ranimer. * *

a8a KOTES .

Celle transitiou, qui n est point dans le grec, m^a semblé nécessaire , pmtr miem finre sentir i'op-

ppsition qui existe entre la dernière pensée et celles qui la précèdent.

Ow XXIV »T XXV,

Ces deux odes roulent sur le même sujet ; elles

se composent à peu près des mêmes idées ; et ces idées, il faui; TaTower, font devenues trop çont-

munespour qu elles puissent offrir maintenant quelque intérêt. BruncL les rejette toutes deux cpmm^

peu dignes d'Anacréon.

OnE XXVI.

Remplit ma çoupe, ô Glycère ! etc.

Ce nom , qui «steeluS Itwt oourtisaM f^recque , n'est point dans le tette original ; le poète se contente d'appeler un jeune esdave. Si fe me suis mis cette petite JUcfioce, ifisi, quW y oit rqparoitrç , ççt esclavi? ditos pkiiiiaui ^tfirc» |)iâq^

DU TRADUCTEUR. m

Quelque agr^^able que soit cette ode y elle présente , de mèm% que lei précédenlet > des irrégularités qui^ selon Thabile critique déjà cité^ ne permettent pas de Tattribucr à un écriyain aussi pur et aussi correct qu'Anacréon. Il rejette égaleinent la TÎngt-septiëme > et par les mêmes raisons.

Odes XXVIII sx XXIX.

Bt de y ènns e^ie langueur humide » eto.

Cette alliance de WQt» ^semblera peut-^tr^ e&tra^ ordinaire; mais il m'a été tout-à-fait impossible de trouver une «litre wj^mHQU qui domkt quelque ^ idée de l'image que présente dans le grec le mot ûyfof. Au reste , cette ^èoe et la suivante » remplies de détails techniques et singuliers que re* pousse notre langue» m'ont donné des peines infinies f sans que je puisse me flatter d'être parvenu à les rendre d'une manière satisfaisante^ Jtilais ce qui peut mVn consoler^ c'cUquc tous ceux qui

les ont traduitci mrwt moi J wIL empiétement

^çliQ^é,

284 ISOTES

PoUy de Samos consacrée à Junon ,

Si 9 i^nel^ao jour « tu. yoîs 1a beau rirage»

UeU à profit ce Ibrtiuiè vojaga »

Et de Bathjle alors faia Apollon.

La Fontaine s'est emparé de ces deux pièces avec sa supériorité ordinaire î et au lieu qu'il a étendu et paraphrasé le texte de XAimut moMdiU ? il a , au contraire y resserré et fondu ces odes ensemble pour en composer le plus gracieux madrigal :

O toi qui peins d'une façon galante , Maître pasaé dans C jthèro et Paphoa »

Fais un effort : poins-nous Iris absente.

Xn n'aa point tu cette beauté charmante , Me diras*ta t tant ndenz pour ton repos.

Je m*en vais donc t^iustruire en peu du mois. Premièrement, meta dea lia et dei roaet s Apréa cela » des amours et dea ria.

Mais à quoi boa le détail do ces choses ?

D'une Vénns tn peux faire nne Iria i Nul ne aauroît découvrir le myalAre ; Traita si pareils jamais ne se sont vua ; Et tn poniras» à Paphoa et Cjthère »

Ut cette Iris n^aire une yém.

DU TRADUCTEUR. a«&

Od£ XXXI.

De» arbre« qu'embellit le printemps gracieux , etc*

Ma traduction dilière ici du teiLte d'Anacrcon en ce qu'elle fait entendre que le poète a parcouru tous les pays dont il fait Ténumération , tandis qu'il se Tante seulement d'avoir eu des maîtresses de tous ces pa js , ce qui avoit pu arriver sans qu'il sortit de la Grèce. Cette infidélité ^ si toutefois c'en est une 9 ma semblé offrir un tour plus vif, plus propre à donner de la grâce à une pièce extrêmement diÛiciie à rendre en français avec quelque agrément.

Ods XXXV.

R^rda ca ttareau : sais- ta bien, jeune enfant » etc.

Brunck pense que cette ode n est point d'Anacréon» et rien n'est plus vraisemblable. 11 n'est point en effet de poète, même médiocre , qui n'ait pu faire une petite pièce aussi insignifiante.

NOTES

Ode XXXVI.

A tôt leçons ^ triito ibéteiir ^ €lc«

Ce critique célèbre rejette encore ccUe-ci , et les raisons qu*il en donne » raisons que d'abord je n'ayois point adoptées, me semblent maintenant aussi décisives que celles qui lui ont fait rejeter les odes V et XVIil. — On doit dire cependant que les images et les pensées dont elle se compose ne sont point indignes d*Anacréon.

Odb XXXVllL

Qui rtni me diepnter le |iTiz7 J'attends ce riTil sons la treille > etc.

Madame Dacier a entendu ce passage d'une ma* nière toute diilerente. On lit dans sa traduction : Ceux qui voudront se battre, qu'ils se battent, Longepierre f|it, en suivait le même sens ;

Que celui qui ne vent ^ue guerre et ^qa combats , Ailla 9 il le peut, ae battre et signaler son lins l

11 est évident que tous les deux se sont trompés , et qu'ils n^ont point seoti la force du yerbe «-«ptra» {€uUU)f lequel indique une provocation que le poète fait ici à un «nncmi > et par conséquent un combat bachique.

Ode XL.

Dans nne rose nne abeiUe dormoit , etc.

Cette pièce j Tune des plus délicates et des plus ingénieuses qui nous soient parvenues de Tantiquité, a été jugée si parfaite par les anciens euxmêmes , qu*un de leurs plus grands poètes, Théocrite, n a point dédaigné de Limiter. Son imitation me semble inférieure à Foriginal en grâce et en naïveté : cependant elle offre un trait qui est échappé à Anacréon» et dont j'ai cru pouvoir m'emparer , mw r«f yS^ imr«|i , il frappe du pied la terre*

NOTES

Ode XLI.

D'après le jugement de Brunck, cette pièce n'est point d*Anacréon.

Od£ XLIU.

G cigtle mélodieiue , etc.

Cette épithète de mélodieuse, donnée à un insecte dont le cri nous paroit aigre et désagréable, ne pourra étonner que ceux qui ignorent k quel point les anciens faisoient cas de ce petit animal. L'anthologie grecque oiire plusieurs épigianunes dans lesquelles on en compare le chant à celui des qfgnes et des rossignols. £lien , dans son Histoire des animaux 9 a fait un chapitre où U Ta jusquà dire que ceux qui maitraitoient les cigales , affensoient les Muses , filles de Jupiter. Théocrite et Virgile en parlent avec les mêmes éloges dans plusieurs endroits de leurs Bucoliques. Enfin , tout le monde connolt le passage d'Homère ^ dans le

DU TRAD]aCT£UA. 389

quel les che& troyens» que la vieillcfse a rendus

inhabiles à porter les armes ^ mais qui gouvernent les conseils par leur éloqueuce » sont comparés à des cigales qui, cachées sous le feuillage, dansl^é^ paisseur des foréès, font entendre an loin leur toix

harmonieuse 2

FUIe îmuioeiitfi de U terre.

Cétoit par suite de cette opinion sur Torigine de la cigale , que les Athéniens ayoient coutume de porter dans leurs cheveux de petites cigales d'or, parce qu'ils ayaient la prétention d*étre aussi

Jiîs de la terr^ dans laquelle ils ëtoient établis («w-;

Ona XLT.

Foar CufÂdos $ dans sa for^t sacrée , etc.

^ NOTES

Cette ode , non moins célèbre que celle de 1 mourpi^pté§Hirw^abeiUefOttreuntables^VL achevé qui n a pas été rendu fidèlement par la plupart de ses traducteurs ; on peut mime dire' que Veprem dans laquelle ils sont tombés , non-seulement 6 le & ce petit poëme toute sa grâce , mais mcore un sens clair et raisonnable. Cette erreur vient de ce qu'ils ont donné à Faoriste IxoCt la signification de prendre , ne faisant pas attention qu'il ▼eut dire aussi recei^oir, et que ce dernier sens est ici le seul qu*il soit possible d'admettre. Madame Dacier traduit donc ainsi la fin de cette ode : « Hais ce petit dieu lui en présenta un ( un trait) , et lui dit : Celui-ci est plus pesant^ prenet-le^ et tous verrez que je vous dis vrai. Mars le prend) la belle Cypris se met à sourire, et le dieu de la guerre , en soupirant , lui dit : Il est trop pesant, reprendsle. Ab ! vraiment > r^ondit Cupidon, vous Taves » gardez-le. w

Si Mars prend le trait, on ne peut concevoir

pourquoi , le trouvant trop pesant , il supplie l'Amour de le reprendre , puisqu'il lui est si ficile de le laisser tomber > et que même son eJitrcme pc-

DU TJiADUGT£UA. 391

Bantcur doit le faire échapper de ses mains. Mais en traduisant lA«Cf (èixifAm Apwc , Mars reçoit la trait 9 tout s*explique: on conçoit aussitôt que c'est dans le eœnr qn*3 Ta reçu , et qu^il ne lai est* pas possible de Ten arracher.

Oabs XLVII , XLVm , XUX , L, LI.

Bronck assure que ces cinq pièces ne peuvent

cire d'Anacreon : toutefois on ne peut discouvenîr qu'elles ont de la grâce et de la simplicité. L*avantdcrnicre , où domine le dialecte dorique y et qui » par conséquent, est la plus suspecte de toutes, oflVe surtout un tableau charmant , et bleu digne du chantre de Téos.

Plus loin , porté m de légers daii|i]iîn8.

Va se Joniiit aatoiir de la déene

Un choBor joyeux d* Amours vifs et maliDs.

Le poëte indique seulement id Epot et I/Af^ ce L'un d'eux est cet Amour primitif (Eros) , qui débrouilla le chaos ; l'autre est le désir (Himeros),

qui avoit paru dans le monde en même temps que le premier des êtres «.ensibles. Tous les deux yireat • naître Ténus , et ils ne s^écartèrent jamais de ses

P^. » ( VlSCOKTI. ^

Les anciens statuaires ont sonvent représenté ces deux Amours parmi les symboles de cette déesse; et ce sont eux qne Ton yoit assis sur le dauphin qui accompagne la fameuse Vénus de Clétfmèaes, connue sous le nom de Vénus de MédieU,

Th^ , à ma chanson nouYclle Vîeiis mêler Ub ûm^blas chants.

Anacréon ne nomme aucune de ses maîtresses

dans les ouvrages qui nous sont restù de lui; et il se contente, dans cette pièce» si toutefois il en est l'auteur > d'appeler celle-ci. par un mot que les Grecs emploient ordinairement pour désigner les courtisanes. Cette invitation qu'il lui fàit de chanter avec lui , a fait penser à plusieurs que cette ode étoit partagée en strophes , et chantée alternali-* Tement par dcu^i;. voix : le «ei^s ne l'indique point,

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DU TRADUCTEUR.. 393 Odb LIV.

Celte pièce me semble , de même que la dixième et la ti*ente-ciiiquième , peu digne d'Anacréon.

Ods lui.

Cette pièce et toutes celles qui la suivent , à Tex- . ception peut-être de la cinquante- huitième, paroissent n'être que des fragments de pièces plus considéraUes.

Odb LYU.

Viens sur lea bords du rapide Lètbé , et«.

« Il y avoit plusieurs fleuves de ce nom ; mais Anaeréon parle en cet endroit du fieove LéAé qui couloit au pied des murailles de Magnésie , près d'Éphèse. Celte ville n*ëtoit pas éloignée de la patrie d'Anacréon \ et c'est pour ses habitants mêmes quQce poëte a fait cet hymne, n ( Madame Dacier. )

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