‹ Œuvres poétiquesChapitre 110 sur 226 · DE MONSIEUR DE MOUCHY LE JEUNER · texte numérisé non relu

DE MONSIEUR DE MOUCHY LE JEUNER

Vn courage trop grand, vne trop grande iniure, Vn généreux desdain brauant trop le malheur, Fist que Mouchy le jeune en sa première fleur Enferma ses beaux ans dans ceste sépulture.

Passant, ne t'enquiers point quelle en fut l'auanture, Ne renouuelle point nostre antique douleur : C'est assez de sçauoir que sa propre valeur. Et non son aduersaire en priua la nature.

Ils cheurent tous deux morts sur la terre estenduz, Mais l'autre et de souspirs et de pleurs espanduz Impetra de Pluton qu'il reuist la lumière :

Où luy trop courageux qui sçauoit mieux garder Sa vie en combattant que de la demander, Ayma mieux rester mort que viure par prière.

1. Jamais belle âme et sainte, etc., construction bizarre pour jamais belle et sainte ame. Les vers qui suivent sont empreints d'une mélancolie résignée, très poétique.

2. Ce doit être l'un des fils de Enguilbert de Clausse, seigneur de Mouchy.

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