‹ Œuvres poétiquesChapitre 14 sur 226 · I . Gallia christiana, loc, cit · texte numérisé non relu

I . Gallia christiana, loc, cit

Introduction biographique, xxxv

gnon d'armes Charles de Gontaut, baron de Biron.

Ah qu'une froide peur n'aguière s'espandit Dans le cœur des François, quand leur âme entendit Qu'en la dernière charge où l'orgueil de l'Espagne De son sang et du nostre abreuua la campagne, Vostre seule valeur vous ayant emporté Dans le lieu du combat le plus ensanglanté Par les effets meurtriers du fer et de la flamme, Le malheur auoit veu mainte tremblante lame Assaillir vostre sein

Et vous, en ceste flamme aux coups vous exposant Ne voir point le péril ou l'aller mesprisant

La campagne se termine à l'honneur du roi de France, qui avait à faire oublier les défaites de Saint-Quentin et de Dourlens. En effet, en 1^97, Henri IV reprend Amiens,

Cette ville imprenable à tout autre qu'à luy Que le fier Espagnol nous rauit par surprise.

C'est encore là pour Bertaut une occasion de célébrer son roi, et

La gloire des lauriers qui lui ceignent le front.

Le poète prévoit la paix prochaine et se réjouit de voir s'éloigner les dangers de la guerre, auxquels s'exposait trop son maître,

Sçachant bien qu'aux périls où l'honneur le conduit Il n'a point d'ennemy plus grand que son courage.

La France retrouva la paix en 1 598, année où fut signée la paix de Vervins (2 mai), et Henri IV goûte quelques mois de repos. Ber^

XXXVI Introduction biographique. .

taut suit le Roi. En 1^99, alors que la cour est à Fontainebleau, il ne tarde pas à s'apercevoir qu'une nouvelle favorite occupe les pensées de Henri IV. Gabrielle d'Estrées était morte en avril, et la pièce de Bertaut sur la mort de Calleryme semble avoir été composée à cette occasion. Peu de semaines après, Henriette d'Antragues entre en scène, et Bertaut chante, en un sonnet, toutes les beautés dont elle est parée :

...Beau tout où nui défaut n'a peu trouuer de place Et ie serois stupide et ie suis plein d'audace De taire vostre gloire et d'oser la toucher : Car croyant des beautez si dignes de louange, Pour ne les louer pas il faut estre vn rocher, Et pour les bien louer il faudrait estre vn ange.

Il lui enverra même les œuvres de Plutarque, et ce don austère lui fournira le prétexte à un nouveau sonnet où il célèbre galamment l'esprit de la favorite, après avoir chanté ses attraits ^

Mais si mademoiselle d'Antragues continua de régner par ses charmes, elle dut renoncer à l'espoir de devenir la femme du roi de France. En effet, l'annulation du mariage de Henri IV et de Marguerite de Valois avait été prononcée en décembre 1599, et un an plus tard eut lieu le mariage du Roi avec Marie de Médicis. Bertaut dut assister à l'arrivée de la princesse à Lyon, le 2 décembre 1600 :

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Introduction biographique, xxxvii

Souuiens-toi qu'en triomphe et royal appareil, Comme espouse d'vn Roy qui n'a point de pareil, Tu luy fus amenée entre maintes princesses, Qui mesme quand leur pompe honoroit ton conuoy Ne sembloient en grandeur que femmes deuant toy Bien qu'on les tienne ailleurs pour de grandes déesses.

Il composa en outre un chant nuptial :

Encor la loy céleste, encor la destinée Unit le lis de pourpre aux trois grands lis dorez Et par les chastes nœuds d'un royal hymenée Reconjoint leurs fleurons par la mort séparez.

Est-ce en remerciement de ce poème que le galant prélat fut créé premier aumônier de la Reine en 1600? En toutcas, il était en grande faveur auprès du Roi ; il est aisé de s'en convaincre en lisant ses vers; ce sont eux qui nous aident à suivre le poète année par année jusqu'au mois de mai 1600.

Bertaut assiste à la fameuse conférence de Fontainebleau, où son ami du Perron, évêque d'Évreux, combattait les doctrines anticatholiques émises par Du Plessis-Mornay dans son traité de V Institution de ï' Eucharistie en [^Église chrétienne. A la suite de cette conférence, de nombreux écrivains tinrent parti pour ou contre Jacques Davy^ Bertaut lui-même prit la plume et composa son Discours au Roy sur la conférence de Fontainebleau ^.

Enfin, en 1601, un Dauphin naît qui sera Louis XIII, et le poète s'écrie :

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