‹ Œuvres poétiquesChapitre 146 sur 226 · SUR LA CONUOCATION DES TROIS ESTAIS A ROUEN · texte numérisé non relu

SUR LA CONUOCATION DES TROIS ESTAIS A ROUEN

Apres auoir dressé pour marques de victoire Maint glorieux trophée au riuage estranger : Dans le sang Espagnol tes cheuaux fait nager. Et des plus grands Césars obscurcy la mémoire :

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II ne restoit plus rien au comble de ta gloire , Grand Roy, que de vouloir ton peuple soulager, Et chargeant sur son dos vn fardeau plus léger, Finir de ses malheurs la lamentable histoire.

C'est pourquoy maintenant que ce soucy t'espoind Si d'vn si sainct labeur tu ne te lasses point, Tu seras adoré comme vn Dieu de la France :

Et verras derechef s'accroistre infiniment Ce qui, comme infiny, semble présentement Ne pouuoir iamais plus receuoir d'accroissance.

A MADEMOISELLE D'ANTRAGVES.

Flambeaux estincellans, clairs astres d'icy bas. De qui les doux regards mettent les cœurs en cendre :' Beaux yeux qui contraindriez les plus fiers de se rendre, Rauissans aux vainqueurs le prix de leurs combats :

Riches filets d'Amour semez de mille appasts, Cheueux où tant d'esprits font gloire de se prendre : Doux attraits, doux dédains de qui l'on voit dépendre Ce qui donne aux plus grands la vie et le trespas :

Beau tout où nul défaut n'a peu trouuer de place. Et ie serois stupide, et ie suis plein d'audace. De taire vostre gloire, et d'oser la toucher :

Car voyant des beautez si dignes de louange, Pour ne les loiier pas il faut estre vn rocher. Et pour les bien louer il faudroit estre vn Ange.

DE M. Bertavt. 295

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