‹ Œuvres poétiquesChapitre 36 sur 226 · DE DAUID · texte numérisé non relu

DE DAUID

Benist soit le Seigneur, le grand Dieu des armées, Dont la seule vertu rend mes mains animées Aux glorieux trauaux des Princes valeureux : Qui m'apprend à combattre en gaignant des victoires, Et par qui tout esprit entendant nos histoires Me dira l'heureux Rov du siècle malheureux.

C'est luy qui me preserue au milieu des batailles, Et rempare mon cœur d'inuincibles murailles Contre tous les ennuis qui l'osent assiéger : Luy seul n'ayant iamais mon attente trompée, A fait mes ennemis tomber sous mon espee. Et sous mon sceptre en fin mes subiets se ranger.

Seigneur, qu'est-ce que l'homme et la race mortelle, Pour ne dédaigner point d'en prendre la tutelle, Et loger en ton cœur le soucy de son bien? Tu luy soubmets le ciel, l'air et la terre et l'onde : Et semble que la main ouuriere de ce monde Qui de rien créa tout, créa tout pour vn rien.

Car enfin, ô Seigneur, l'homme n'est rien qu'vn songe Qui de songes menteurs se repaist et se ronge En son plus ferme estât n'ayant rien de constant ; Vne ombre que le iour dissipe à sa venue : Vn éclair allumé dans le sein de la nue, Dont l'estre et le non estre ont presque vn mesme instant .

Seigneur, baisse ton ciel, et tout ceint de tonnerres Descends en ta fureur sur ces maudites terres,

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