Var
Sursiez un peu l'arrest qui condamne au supplice
Ma folle mauvaistié :
Ne le prononce point que premier ta lustice...
DE M. Bertavt. 27
Regarde moy malade et du corps et de l'ame, Pour me donner santé plustost que chastiment : Et te daignant en fm souuenir qui nous sommes ',
Pardonne à mes péchez.
Non comme aimant le vice, ains comme aimant les hommes Qui sont dés leur naissance aux vices attachez 2.
Quelle plus grand' douleur sent-on en la torture
Qu'est celle que ie sens?
Nul ennuy sur mon cœur n'épargne sa pointure •'^, Cent tourments font la guerre à chacun de mes sens : Mille bruslants souspirs, mille sanglantes larmes
Versant à tous propos le passe, trauaillé d'éternelles allarmes'^. Et mes iours sans lumière, et mes nuicts sans repos.
Pardon, Seigneur, pardon : la douleur qui me blesse
Me rend trop tourmenté :
Non trop pour mon offense, ains trop pour ma foiblesse ; Non trop pour ta iustice, ains trop pour ta bonté : Las ! ne vaut-il pas mieux qu'en destournant la face
De mes transgressions.
Tu destruises plustost le péché par ta grâce, Que le pauure pécheur par les punitions?
Helas ! ie suis semblable à celuy qu'on va rendre Au sépulcre enfermé, Vne image de mort, vn fantosme de cendre'' Qui suis au lieu d'esprit de douleur animé :