‹ Œuvres poétiquesChapitre 61 sur 226 · ROYNE · texte numérisé non relu

ROYNE

Mon cœur sent dedans moy son désir le presser D'enfanter les saincts vers qu'vn céleste penser Y conçoit en l'honneur du plus grand Roy du monde : D'vn Roy que ie dirois le premier de nos iours, S'il nous estoit permis par les loix du discours De conter pour premier vn que nul ne seconde.

Desia tant de vitesse empenne mes propos, Qu'ils pourroient deuancer le vol le plus dispos De la plume d'vn scribe extrême en diligence, Comme n'estans polys par aucun art humain, Mais vn diuin Esprit les dictant à ma main, Et la vérité seule en 'estant l'éloquence.

0 Roy de qui la vraye et parfaite beauté C'est la valeur, prudence, et iustice, et bonté, Qui rend si glorieux le renom de tes armes ; Que de faueurs du Ciel Dieu te fait receuoir ! Et que sa grâce a mis en tes mains de pouuoir ! En ton cœur de conseils ! en tes leures de charmes î

Ceins, valeureux guerrier, ceins autour de tes reins iCeste fameuse espee à qui l'heur de tes mains A tant acquis de nom, de puissance, et de gloire : Fais en viure sans fin et la vaillance et l'heur. Et consacre à lamais son heureuse valeur, En paix, à l'ornement; en guerre, à la victoire.

D'autres Roys, dont la pompe enrichit les habits. Flambent de diamants alliez aux rubis,

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