Précieux, antithétique, mais joli
64 ŒVVRES POÉTIQVES DE M. BERTAVT.
Mais l'heur qui rcndoit lors ton esprit plus content N'estoit qu'vn auant-ieu de ccluy qui t'attend, Afin d'éterniser l'honneur de ta mémoire : Ton pouuoir n'estant lors qu'à l'aube de son iour, Et touchant maintenant au midy de son tour, Pour n'arriuer iamais au couchant de sa gloire.
En vertu de ce bien qui t'est promis des cieux, Au lieu des puissants Ducs qui furent tes ayeux, Il t'est né des enfans de ce foudre de guerre : Enfants qui désormais, par les célestes loix, Ne peuuent estre au monde autres Princes que Rois, Ny Rois d'vn autre estât que de toute la terre.
Puissent-ils en tenir le sceptre entre leurs mains, lustes, vaillants, heureux, deuots, sages, humains, Rendants tout l'vniuers le liure de leurs gestes ; Et de tant d'ornements sainctement reuestus, Qu'ils semblent mériter pour leurs seules vertus, Ce qu'ils posséderont par les arrests célestes.
Moy puissé-ie enuoyer ton renom et le leur. Et le tien, ô grand Roy, nostre gloire en valeur, Jusqu'aux derniers confins des prouinces estranges. Puisse la main diuine à iamais vous bénir; Et la publique voix des siècles aduenir Estre vn iour sous mes chants l'Echo de vos louanges.