HYMNE DU ROY S. LOYS
ET DE LA ROYALE MAISON DE BOURBON A Monseigneur le Duc de Monpensier ' .
ntre tant de grands Rois que l'vniuers admire,
Et de qui la prudence a regy cet Empire,
Plantant auec le fer ses bornes plus auant,
^^g Et par les bonnes loix en paix le conseruant.
Celuy qui couronné dVne illustre mémoire
Luist de plus saincts rayons de grandeur et de gloire,
Et pour auoir le monde au monde surmonté,
S'est mis dessus le front vn laurier plus vanté :
C'est ce Roy qui fit voir à la source première
Du clair sang de Bourbon la céleste lumière,
Ce fameux sainct LOYS, le Patron des bons Rois,
Qui s'immola soy-mesme à l'honneur de la Croix,
Qui signala sa vie en tant d'actes de guerre,
Faisant trembler d'eiïroy les trois parts de la terre.
Et qui pour deliurer de la chaine et des fers
Les champs où nostre Dieu destruisit les enfers,
D'vn magnanime zèle ayant l'ame saisie.
Guida la France armée aux riues de l'Asie.
Quand ie ly ses vertus, et les faicts généreux Qui l'ont assis là-haut au rang des bien-heureux, Et qui font que sa gloire icy bas se renomme : le ne les iuge point ouurages d'vn pur homme, Ains de quelque Ange sainct d'vn corps d'homme vestu Pour monstrer aux mortels les pas de la vertu :
I. Sans doute Louis II, mari de Catherine-Marie de Lorraine, fille du duc de Guise.
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M'cmcrucillant de voir que parmy tant de vices De qui les grandes courts sont fatales nourrices, Parmy des voluptcz qui de leur doux appas Trompant les plus accorts les meinent au trespas, Vn Roy tenant la bride à son pouuoir suprême, D'vn si severe soing ait veillé sur soy-mesme, Qu'il ne se soit iamais permis vn seul plaisir Que la raison défende au généreux désir, Ams que tousiours son ame ait la vertu suiuie, Et mené sur la terre vne céleste vie.
Car il ne fut iamais de Roy plus accomply, Ny de qui le courage ait plus esté remply Des augustes vertus qu'à bon droict on désire En la main qui conduit les resnes d'vn Empire. Et quand le ciel luy-mesme ouurant tous ses thresors, Et meslant tous les dons de l'esprit et du corps, Voudroit mouler vn Prince à la race mortelle Digne de gouuerner la terre vniuerselle : Il n'en sçauroit donner aux souhaits des humains Vn plus digne de prendre en ses Royales mains Pour le commun salut le gouuernail du monde, Durant vne saison en orages féconde :
Tant l'astre qui préside aux naissances des Rois, Lors qu'il lui destina la tutelle des loix Conioignit en son cœur, d'vn sort doux et propice, A la crainte des dieux l'amour de la lustice ; Vertus qui font régner es Empires mortels La seureté publique, et l'honneur des autels : Seruent de fondement aux grandes republiques : Donnent aux puissans Rois des sceptres pacifiques : Font que de leurs sujets ils sont crains et chéris : Qu'ils marchent sans péril au milieu des périls : Que la main tout-puissante ^ épandant sur leur face Vne douce terreur qui les vices menace,
I. L'accord de tout^ pris adverbialement, avec l'adjectif féminin qui le suit, n'est pas encore une règle au temps de Bertaut. — Cf. Littré, au mot tant, rem. i.
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ïst comblant de bon-heur leurs villes et leurs champs, ^es bons craignent pour eux, et sont craints des méchans
0 combien son grand cœur laissa d'illustres marques )e rheur que ces vertus apportent aux Monarques ! .ors que plein de constance il osa tesmoigner )ue régnant pour celuy qui le faisoit régner, >s deux diuines sœurs du monde séparées festoient comme en leur temple en son cœur retirées, .'accompagnoient par tout, regloienttous ses desseins, Istoient de son conseil les oracles plus saincts ', ^t le guidoient ainsi par la mer de ce monde )ue la boussole guide vn vaisseau dessus Tonde.
Elles deux l'égalant aux plus rares esprits, .uy firent dédaigner, d'vn louable mespris, .es Rois qui se parans d'orgueilleux diadèmes Legnoient sur tout le monde excepté sur eux-mesmes : *ar l'vne il bien-heura son esprit généreux, !t par l'autre il rendit son peuple bien-heureux : *ar l'vne, en deuenant à soy-mesme seuere,
fist que son pouuoir se retint de mal faire : !t par l'autre, en donnant aux loix vn libre cours,
en retint son peuple, et vit durant ses iours ,e bon-heur de la paix florir en son Royaume t dans les palais d'or, et sous les toicts de chaume.
Il n'auoit que douze ans quand le décret des cieux 'assist dedans le throsne acquis par ses ayeux, t mit entre les mains de sa virile enfance e glorieux fardeau du grand sceptre de France : [ais comme aux beaux vergers de Blois ou de Monceau e soin des iardiniers fait voir des arbrisseaux ui dès le second an que leurs branches entées, iirent heureusement par le tronc adoptées, onnent des fruits pareils en grosseur et bonté
ceux dont les rameaux ont maint lustre conté : air qui rit à Fentour, et les astres propices