‹ Œuvres poétiquesChapitre 127 sur 168 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

OENONE

Hé bien ! votre colère éclate avec raison :

J'aime à vous voir frémir à ce funeste nom.

Vivez donc : que l'amour, le devoir, vous excite ; Vivez , ne souffrez pas que le fils d'uie Scythe , Accablant vos enfants d'uS empire odieux.

Commande au plus beau sang dé la Grèce et des dieux. Mais ne différez point; chaque moment vous tue : Réparez promptement votre force abattue , T^dis que de vos jours , prêts à se consumer. Le flambeau dure encore , et peut se rallumer.

PHEDRE

J'en ^i tr<fp prolongé la coupable durée.

OENONE

Quoi ! de quelques remords êtes- vous déchirée? Quel crime a pu produire un trouble si pressant? Vos jnains n'ont point trempé dans le sang innocent.

PHÈDRE

Grâces au ciel, mes mains ne sont point criminelles. Plût aux dieux que mon cœur fût innocent conmie elles!

• OENONE

Et qupl affreu/ projet avez-vous enfanté Dont votre cœur encor doive être épouvanté?

PHÈDRE

Je t'en ai dit assez : épargne-moi le reste.

Jejneuif , pbur ne point faire un aveu si funeste.

OENONE

Mourez donc , et gardez na silence inhumain ; Mais pour fermer vos yeux cherchez une aulre main. Quoiqu'il vous reste à peine une foible lumière , » Mon ame chéries morls descendra la première ; Mille chemins ouverts y Conduisent toujours.

Et ma juste douleur choisira les plus courts. Cruelle ! quand ma foi vous a-t-elle déçue?

Songez-vous qu'en naissant mes bras vous ont reçue ? Mon pays, m^ enfants , pour vous j'ai tout quitté. Réserviez-vous ce prix à ma fidélité?

PHÈDRE

Quel fruit espères-tu de tant de violence? • ^

Tu frémira» d'horreur si je romps le silence.

OENONE

Et que me direz- vous qui ne cèàe , grands dieux , A l'horreur de vous voir expirer à mes yeux? '

PHÈDRE

Quand tu sauras mon crime , et le sort qw m'accable , Je n'en mourrai pas moins ^ j'en mourrai nias coupable.

ŒNONE

Madame , au nom des pleurs que pour vous j'ai versés. Par vos foi blés genoux que je tiens embrassés , Délivrez mon esprit de ce funeste doute.

PHÈDRE

Tu le veux : lév%toi. * • •

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