‹ Œuvres poétiquesChapitre 128 sur 168 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

^ OCNONE.

Parlez : je vous écoute.

PHÈDRE

Ciel ! que lui vais-je dire? et par où commencer?

OENONE

Par de vaines frayeurs cessez de m'ofFenser.

PHÈDRE

O haine de Vénus ! O fatale colère !

Dans quels égarements l'amour jeta ma mère !

OENG^E.

Oublions-les, madame ; et qu'à tout l'avenir Un silence étemel cache ce souvenir.

PHÈDRE

Ariane , ma sœur! de quel amour blessée Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !

œwoNE.

Que faites- vous, madame? et quel mortel ennui Contre tout votre sang vo&s anime aujourd'hui?

PHÈDRE

Puisque Vénus le veut , de ce sang déplorable Je péris la dernière et la plus misérable.

GENONE.

Aimez-vous?

De l'amotu* j'ai toutes les fureurs.

OENONE

Pour qui?

2ia , PHÈDRE. • m

PHÈDRE. ^ A

Ta Tas ouïr le comble des horreurs.

JV°ic... A ce nom fatal , je tremble , je frissonne. J'aime...

OENONE

Qui?

PHÈDRE

Tu connois ce fils de l'Amazone, Ce prince si long-temps par moi-même opprimé?

• OEI|ONE.

Hippolyte? Grands dieux !

PHÈDRE

C'est toi qui l'as nommé !

OENONE

Juste ciel ! tout mon sang dans mes veines se glace ! O désespoir ! ô crime ! ô déplorable race !

Voyage infortuné ! Rivace malheureux , Falloit-il approcher de tes bords dangereux !

PHÈDRE

Mon mal vient de plus loin. A peine au fils d'Egée Sous les lois de l'hymen je m'étois engagée , Mon repos , mon bonheur sembloit être affermi ; Athènes me montra mon superbe ennemi :

Je le Vîs , je rougis , je pâlis à sa vue ; Un trouble s'éleva dans mon ame éperdue ; Mes yeux ne voyoient plus , je ne pouvois parler ; Je sentis tout mon corps et transir et brûler ;

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