‹ Œuvres poétiquesChapitre 132 sur 168 · ARICIE, ISMÈNE · texte numérisé non relu

ARICIE, ISMÈNE

ARIGIE.

Hippolyle demande à me voir en ce lieu?

Hippolyte me cherche , et veut me dire adieu? Isméne , dis-lu vrai? N'es-tu point abusée?

ISMÈNE

C'est le premier effet de la mort de Thésée.

Préparez-vous , madame , à voir de tous côtés Voler vers vous les cœurs par Thésée écartés. Aricie , à la fin , de son sort est maîtresse , Et bientôt à ses pieds verra toute la Grèce.

ARICIE

Ce n'est donc point, Isméne, un bruit mal affermi? Je cesse d'être esclave , et n'ai plus d'ennemi?

ISMÈNE

Non , madame, les dieux ne vous sont plus contraires;

PilÈDRE. ;^ 339

Et Thésée a rejoint les mâaes de vos frères^

• ARICtE. . ' Dit-on <juelie aventure a terminé ses jours^ * ^ %

* ISMÈNE. •

On sème de sa mort d'incroyables îliscour^ •• o ' «

On dit que , ravisseur d'une amante nonve|l^ 1 . ■

Les flots ont etglouti^ct époux infidèle. •

On dit même , et t:e brui» est par-tout répandu , •

Qu'avec Pirithous aux enfers descendu ,

tl a vu le Cocyte eUes rivages sombres , , ^

Et s'est montré vivant aux inîernales ombres ;

Mais qu'il n]a pu so^fir de ce triste séjour, • •

Et repasser les bords qu on passe sans r^our. * • ^

* • ARICIE

Croirai-je qti'un nlfpr^l, avant sa deVnièreiieure,^,^ • Peut pénéli^r des morts la profonde demQ(ire? • t^ • Qilpl charme l'attiroif^sur ces bqrds %loutés ? •

ftM|:NE. . ^ ,

. Théfée est mort , macfame , et vous seule en doutez : Athènes en gérait; Trézène en est instruite, ^ • *^ Et déjaTponr son roi reconnoît Hippolyte ; ^ ■ • Phèdre , dans ce palais , tremblante pour son fils^ ^ De ses amis troublés demande les avis. • '.

AtllGIE.

Et tu crois que , pour mdPfloe humain que son {)ère, * Hippolyte rendra ma chaîne pL)|S légère ; * • * ' ' Qu'il plaindra mes malheurs? • ^ , 4 ^

23o PHÈDRE.

• ISMENB.

, Madaide , je le croi.

• ARICIE

, L insensible HipiMyte est-il connu d^toi?

Sur quel frivole espoir penses-tu qu'il me plaigne. Et reaoecte en moi seule un sexe qu'il dédaigne? Tu voÎB depuis quel temps il évite nés pas , ^

* Bt diercËe tous les lieux où nous* ne sommes pas.

ISMÊNE.

Je yis de ses frpidenrs tout ce ^e l'on récite ; Mais j'ai vu près de vous ce supe;-be Hippolyte ; ' Et mène , en le voyant , le br)|it de sa fierté 4 redoublé pour lui ma curiosité.

Sa présence à ce bruit n'a point paru l-épondre : Dès v8sr,premlters regards je l^i^u se tonfondre;

fes«yeuJ^ qui vainement youToiènt vous éviter, ^ja pleins à^ llbgueur, ne pouvoient vous ^i|^r. Le nom d'amant peut-être oHense son courage ; *Mais il en a les yeux , s'il n'en a le^angage. *

ARICIB.

^ Que mon cœur, chère Ismène , écoute avidement

Un* discours qui peut-être a peu de fondement ! *% ô to^ qui me codhois , te sembloit-il croyable

* Que le triste^ouet d'un sort impitoyable ,

Ub cœur 4>njour| noarrird'amertume et de pleurs , * *Dût cdhiioitrê l'amour et ses^oUes donletkrs? Rcs|f du sang d'tfD»roi noble fils de la terre ,

Page 1