ACTE II
Ces dieux qui se sont fai| une gloire cruelle De séduire le cœur d'une foible nlortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passe :
C'est peu de t'avoir fui , cruel , je t'ai chassé ; *
J'ai voulu te paroitre odieuse , inhumaine ; Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine. • De quoi m'ont profité mes inutiles soins? *
Tu me haîssois plus , je ne t'aimois pas moins ; Tes malheurs te prétoient encor de nouveaux charmes. J'ai langui , j'ai séché dans les feux , dans les larmes : Il suffit de tes yeux pour t'en persuader, Si tes yeux un moment pou voient me regarder. Que dis-je? Cet aveu que je te viens de faire, C«t aveu si honteux, le crois-tu volontaire?
Tremblante pour un fils que je n'osois trahir, Je te. venois prier de ne le point haïr :
Foibles projets d'un cœur trop plein de ce qu'il aime! Hélas ! je ne t'ai pu parler que de toi-même ! Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour :
Digne fils du héros qui t'a donné le jour.
Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.
Xiâ veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper; Voilà mon cœur : c'est là que ta main doit frapper. Impatient déjà d'expier son offense , Au-devant de ton bras je le sens qui s'avance. Frappe : ou si tu le crob indigne de tes coups ;
244 PHEDRE
Si ta haine m'envie un supplice si doux , Oq si d'un sang tfop vit ta main seroit trempée. Au défaut de ton bras préte-moi ton épée ; ' Donne.
OENONE
Que faites- vous , madame ! Justes dieux!
Ma<s on vient : évitÀ des témoins odieux. •
Venez, rentrez, fuyez une honte certaine.